Portefeuilles types

L'Avis de La Française

La Française - Gestion privée

Ce troisième trimestre 2017 aura été le trimestre des records boursiers, avec bon nombre de marchés d’actions dépassant leurs points hauts historiques.

Ce constat est vrai pour les indices britanniques (hors effet de change), les actions américaines (toujours hors effet de change) et les actions japonaises, au plus haut depuis 21 ans.

Les indices actions européens se rapprochent pour leur part des niveaux d’avant crise de 2007 sans avoir pour le moment totalement comblé l’écart (gap) baissier.

Cette performance des marchés d’actions s’explique par la très belle toile de fond macroéconomique, par les perspectives toujours porteuses tant macroéconomiquement que microéconomiquement, avec un redécollage de l’investissement productif après des années de disette, et surtout par l’attentisme des banques centrales, qui continuent d’injecter des liquidités mois après mois et tardent à mettre en pratique la normalisation monétaire que les marchés attendent.

A ce niveau du cycle, et compte tenu des efforts déjà consentis par les banquiers centraux mondiaux (Etats-Unis, Union européenne, Japon, Royaume-Uni) il est logique que ceux-ci cherchent à limiter leurs achats mensuels et visent à réduire la taille de leur bilan.

La gestion du timing est cependant toujours délicate au regard des niveaux d’inflation décevants cette année.

Quoiqu’il en soit, la normalisation prendra du temps, ce qui laisse au marché la certitude que les taux d’intérêt resteront sur des niveaux bas encore longtemps.

Cependant, même sans repentification des courbes des taux à redouter à court terme, les niveaux des obligations d’état ne sont décidément plus attractifs. Il convient donc de trouver des actifs de substitution dans nos allocations.

Dans ce contexte, nos allocations obligataires privilégient toujours les obligations privées servant du portage.

Néanmoins, l’appétit des investisseurs pour ces types de papiers a provoqué une « envolée » des prix sur ce segment de marché et le rendement payé n’est plus séduisant que pour les émetteurs les moins bien notés par les agences.

Il convient donc, plus encore que dans les mois passés, de faire preuve de sélectivité dans les investissements obligataires corporate. Nous leur préférons les obligations subordonnées financières pour lesquels le potentiel d’appréciation est plus significatif.

La poche obligataire de nos portefeuilles est donc toujours sous exposée aux emprunts d’Etat de la zone euro et américains, et privilégie les obligations émises par la zone émergente et les obligations corporate et financières.

Cela implique mécaniquement une exposition sur les marchés d’actions légèrement en deçà de nos niveaux de neutralité, compte tenu du pilotage du risque que nous pratiquons et parce que là aussi, les valorisations atteintes par les actions impliquent une sélectivité renforcée.

Bien sûr l’environnement économique demeure porteur et les résultats qui commencent à être publiés au titre du troisième trimestre confirment la tendance haussière des deux premiers trimestres.

De plus, le plan de relance fiscale américain qui avait été retoqué au premier trimestre a été amendé et il est probable que les principales mesures visant un allégement de la fiscalité pour les entreprises et les ménages puissent être finalement adoptées au cours du premier trimestre 2018.

Les niveaux des indices d’aujourd’hui sont le reflet de ces anticipations positives, qui sont en grande partie déjà intégrées dans les cours actuels.

Si, de surcroît, on s’attend à ce que la progression de la croissance mondiale se fasse désormais à un rythme plus modéré, il sera difficile pour les entreprises de continuer à surprendre à la hausse le consensus lors des publications à venir.

Une consolidation des marchés d’actions ne peut pas être exclue. Elle serait justifiée après deux mois de progression en ligne droite, quelle que soit la zone géographique considérée.

Les résultats des gestions diversifiées sont globalement très au-dessus des attentes du début de l’année.

Il n’est pas utile d’accumuler plus de risque, d’autant que les niveaux de volatilité sur les indices sur des niveaux bas record pourraient repartir facilement à la hausse s’il y avait une concrétisation d’un risque spécifique, politique ou économique…