Portefeuilles types

L'Avis de La Française

La Française – Gestion Privée
De grands intervenants de la Place révèlent leur politique d'investissement par classes d'actifs et zones géographiques. Aujourd'hui, l'allocation de La Française.

Au regard des niveaux de volatilité actuels historiquement faibles, le calme sur les marchés, voire l’atonie, devrait perdurer. Mais le consensus est tel qu’un élément même annexe pourrait provoquer un retournement des positions avec des impacts à court terme potentiellement violents. Cependant, à ce jour, le scénario rose reste plébiscité.

Après un premier semestre agité par les risques liés à une montée éventuelle du populisme en Europe, la levée des incertitudes politiques a permis un rebond des classes d’actifs les plus risquées au cours du printemps. Les performances ainsi réalisées sur les actions flirtent avec les 10 % et toutes les stratégies de portage (faire mieux que le monétaire ou les taux d’Etat obligataires) sont plébiscitées.

Aujourd’hui, le potentiel de progression est-il intact ou les marchés sont-ils trop complaisants et affichent dans leurs cours actuels des attentes trop optimistes ?

Les dernières publications macroéconomiques indiquent en effet un tassement dans les perspectives de croissance sans que cela implique nécessairement un risque avéré pour la croissance mondiale. Pourtant, on pourrait s’inquiéter du récent recul des cours du pétrole (en baisse de 20 %) qui, en plus de fragiliser certaines économies émergentes exportatrices d’énergie, pourrait constituer un des signes avant-coureurs d’un ralentissement de l’activité mondiale, voire l’explosion de l’accord entre pays de l’Opep pour contenir leur production et tenter de maintenir un prix du baril acceptable. Mais on n’en est pas là.

Aux Etats-Unis, on évoque une économie à bout de souffle qu’une poursuite de la normalisation monétaire en cours pourrait fragiliser plus encore. La faiblesse de l’investissement productif peut s’interpréter comme une confirmation de la phase attendue de retournement des profits des entreprises. De plus, les marchés pourraient définitivement abandonner tout espoir de voir se concrétiser le plan de relance et s’attendre à un retour à une plus grande orthodoxie budgétaire si Donald Trump devait être mis en difficulté majeure. La hausse des actions américaines est telle qu’une consolidation, voire une correction, à partir des niveaux hauts actuels est donc envisageable.

Dans la zone euro, à l’inverse, la conjoncture s’est encore améliorée. La croissance de l’activité est surtout nourrie du dynamisme retrouvé de la demande domestique et du retour de la confiance des agents. Le poids des échanges extérieurs dans la reprise européenne est faible et le rééquilibrage des différentes économies au sein de la zone euro est salué par la BCE qui y voit la confirmation positive de la politique suivie. Il ne faut néanmoins pas exclure l’impact qu’aurait une remontée trop forte de l’euro sur les exportations et, par ricochet, sur la croissance future. Aujourd’hui, a contrario, le recul du pétrole est de bon augure pour les résultats des entreprises. La saison des publications des résultats  pour le deuxième trimestre débute. Ils seront a priori conformes, voire au-dessus des attentes, elles-mêmes revues à la hausse depuis le début de l’année. De quoi soutenir encore la valorisation des actions européennes. Enfin, la BCE, en confirmant la même politique accommodante en l’absence de tension inflationniste avérée,  apporte un soutien supplémentaire aux marchés actions et crédit. L’abondance de liquidités ne se dément pas. La BCE confirme ainsi les faibles risques de tension sur les taux et cape la progression de la devise européenne.

Dans nos différents portefeuilles, nous continuons de privilégier les actions européennes aux autres classes d’actifs risqués (en mixant les secteurs défensifs et les secteurs value ou cycliques) et une exposition aux actions américaines marginale. Notre niveau d’exposition aux actions demeure malgré tout en deçà de nos maximums autorisés par prudence pendant l’été. Nos portefeuilles les plus offensifs diversifient la poche actions par une exposition en hausse sur les zones émergentes.

Les poches obligataires sont nettement insensibles aux taux d’Etat et favorisent toujours les stratégies de portage (notamment sur la dette émergente). Cependant, soucieux de ne pas augmenter le niveau de risque global de nos portefeuilles en cette période estivale, nous avons pris nos profits sur une partie des obligations haut rendement (majoritairement américaines, très liées au cours du pétrole).

 

Principaux points forts du marché

La politique toujours accommodante de la BCE.

Le momentum de croissance en Europe bien orienté.

Très bon millésime attendu pour les résultats microeconomiques de la zone euro.

Le risque populiste européen a disparu.

Principaux points faibles du marché

La baisse du prix du pétrole et l’impact sur l’inflation.

La fragilité du système bancaire italien.

Le recul du dollar.

Le risque politique aux Etats-Unis.

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2016, au 13/07/17 à 11h30

CAC 40 : 5.253 / +8,05 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.536 / +7,47 %

DAX 30 : 12.666 / +10,33 %

FTSE 100 : 7.422 / +3,91 % S&P 500  2.443 / +9,13 %

Dow Jones : 21.532 / +8,95 %

Nasdaq Composite : 6.361 / +16,31 %

Nikkei 225 : 20.099 / 5,16 %