Portefeuilles types

L'Avis de Deutsche AM

Deutsche AM

Malgré l’approche de la fin de cycle, nous prévoyons toujours un potentiel de rendement positif, notamment sur les actions, au cours des 12 prochains mois.

Actuellement, nous pensons qu’il est intéressant de prendre des risques sur les marchés actions, tout en contrôlant et en gérant le risque global du portefeuille. L’attrait des investisseurs pour les valeurs de croissance et les valeurs de rendement devrait rester élevé. L’environnement macroéconomique reste favorable, avec une très large reprise de la croissance mondiale. Dans la plupart des pays, l’inflation reste faible, ce qui n’incite pas les banques centrales à augmenter leurs taux rapidement. Nous prévoyons donc que la politique monétaire restera très accommodante au cours des prochains mois. L’assouplissement quantitatif de la BCE devrait certes s’arrêter en fin d’année 2018, ce qui pourrait marquer un tournant dans le cycle, compte tenu de l’impact de la banque centrale sur la hausse des prix des actifs au cours des deux dernières années.

Au sein des classes d’actifs risquées, les actions ont toujours nos faveurs en raison de leur dynamique et de la liquidité offerte. Les valorisations sont élevées, mais pas excessives, ce qui laisse encore une marge d’appréciation par ailleurs soutenue par les perspectives de hausses des bénéfices. Les flux positifs d’achats pourraient également soutenir les cours. En somme, il n’y a guère d’alternative aux actions pour générer des rendements substantiels. Cependant, les indicateurs de risque basés sur la volatilité des marchés pourraient induire en erreur en sous-estimant les risques qui pourraient par exemple découler d’une éventuelle récession ou d’une crise géopolitique. Mais la hausse de la volatilité temporaire des marchés ne devrait pas changer la donne tant que les bénéfices des entreprises restent solides. Nous préférons nous exposer aux marchés actions en-dehors des Etats-Unis, en privilégiant notamment les marchés émergents et le Japon, pour des raisons de valorisation et de croissance des bénéfices.

 

Concernant les marchés obligataires, nous prévoyons que les taux resteront à des niveaux plutôt bas, et que la courbe des taux restera plate. Cela est conforme à notre opinion selon laquelle le marché est entré en phase de fin de cycle. Au sein des marchés obligataires, nous privilégions la dette des marchés émergents par rapport à la dette des marchés développés, ainsi que le High yield. Nous pourrions assister à une divergence croissante entre les politiques monétaires de la Fed et de la BCE, ce qui aurait des implications pour les taux des pays concernés ainsi que sur la parité euro-dollar. Sur les marchés développés, les obligations d’entreprises, notamment au sein du segment High yield, semblent de plus en plus vulnérables à toute correction de marché, en particulier après la période de forte augmentation des liquidités que nous avons connue. À noter également que les niveaux de dettes augmentent, en particulier aux États-Unis, bien qu’ils soient soutenus par de solides bénéfices. Une éventuelle récession constituerait le principal risque pour ce marché en fin de cycle. Une augmentation surprise de l’inflation, accompagnée d’une mauvaise communication des banques centrales en termes de hausse des taux, constituerait un risque que nous jugeons toutefois peu probable pour le moment.

Quant aux matières premières, elles ont connu une belle progression en 2017 et gardent un léger potentiel de progression, compte tenu de leur sensibilité parfois forte à la croissance mondiale (par exemple en ce qui concerne les métaux indus­triels et l’énergie). Comme nous ne prévoyons pas de forte hausse des taux réels, ce qui réduirait l’intérêt de détenir de l’or, le métal jaune reste pour l’instant l’un des actifs privilégiés pour diversifier les portefeuilles multi-actifs contre les risques.

Enfin, en ce qui concerne la sortie du quantitative easing, nous entrons dans un territoire en grande partie inexploré, c’est pourquoi nous restons vigilants.


Principales forces du marché:

1) Les banques centrales devraient rester accommodantes dans un avenir proche (ce qui devrait soutenir les prix des actifs risqués avec un maintien des taux bas).

2) L’environnement économique est sain avec une croissance modérée et une inflation faible.

3) L’environnement est caractérisé par de fortes liquidités, une hausse des bénéfices des entreprises et un assainissement des bilans.

Faiblesses du marché:

1) Les marchés conservent une dépendance élevée aux banques centrales (une erreur dans la communication des banques centrales constitue le principal risque).

2) Les valorisations sont élevées.

3) Les tensions géopolitiques persistent, par exemple avec la Corée du Nord.