Portefeuilles types

L'Avis de Deutsche AM

Deutsche AM

Prendre un parapluie est le chemin le plus sûr vers la frustration puisque c’est précisément les jours où il ne pleut pas que l’on part avec. D’un autre côté, le laisser chez soi peut être tout aussi frustrant puisqu’on peut être sûr qu’alors, il pleuvra.

Replaçons cela dans le contexte des marchés financiers : nous ne sommes pas frustrés quand il s’avère que nous nous sommes couverts « pour rien ». Selon nous, une couverture n’est jamais déployée pour rien puisque nous payons une prime afin de nous couvrir via une option sur indice. Actuellement, nous ne nous prémunissons pas du risque en achetant des options. Nous préférons chercher à éliminer un maximum de risques en portefeuille via une sélection rigoureuse des titres, en accroissant la liquidité de nos différentes positions et en participant au rebond du marché grâce à des options d’achat sur indices, tout ceci concourant à réduire le risque de perte(s). Bien que cela ne soit pas révélé des plus profitables depuis un long moment, nous tablons sur un accroissement de la volatilité puisque cette dernière poursuit sa décrue, apparemment totalement indépendamment des surprises survenues sur le volet politique.

Pour éviter tout malentendu, nous tenons à souligner ici que nous avons, à quelques exceptions près, adopté une vue constructive sur les différentes classes d’actifs pour les douze prochains mois. Plusieurs éléments appellent néanmoins à la prudence. Par exemple, la faiblesse historique de la volatilité sur beaucoup de classes d’actifs (que nous avons déjà précédemment évoquée) encourage nombre de stratégies à risque et augmente, de fait, la part des actifs risqués en portefeuilles. Ceci, à l’égard du grand nombre d’investisseurs misant sur une poursuite de la décrue de la volatilité, conduit à une situation dans laquelle une forte correction de marché pourrait rapidement dégénérer en un brusque mouvement de baisse qui s’auto-alimenterait ; une forme de cercle vicieux.

Par ailleurs, tous les chiffres ne sont pas dans le vert, comme en témoigne le déclin nos indicateurs de surprise économique. La baisse du prix du pétrole peut se révéler dangereuse, en particulier pour le segment du high yield américain. Les investisseurs pourraient également commencer à interpréter négativement l’aplatissement de la courbe des taux américains. Et c’est sans compter sur de nouvelles surprises politiques qui pourraient survenir par exemple outre-Manche ou outre-Atlantique.

En matière de liquidité, aucune pénurie ne semble se profiler à l’horizon mais, dans l’environnement actuel, il nous a semblé plus judicieux d’augmenter nos positions en cash, en obligations court terme, sur l’or et sur les titres corrélés aux taux d’intérêt américains pour reconstruire certaines positions plus risquées en cas de correction.

Nous essayons par ailleurs de délivrer de la performance en ayant recours à des stratégies de relative investment. Au sein des actions, nous préférons l’Europe et les marchés émergents aux Etats-Unis. Nous avons également réduit nos expositions sur les obligations corporate high yield au profit d’obligations en devise forte au sein des pays émergents. En Europe, au regard de nos nouvelles prévisions sur les devises, nous entrevoyons un changement de tendance : contrairement à ce qu’on avait pu connaître en 2014-2016, investir en monnaie étrangère ne permettrait plus de tirer parti des vents porteurs engendrés par un euro faible. Pour autant, nous ne rencontrons pas non plus de vent contraire. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous restons confiants pour le moment.

L’environnement global n’ayant que peu évolué, nous n’avons apporté que des ajustements mineurs à notre portefeuille modèle. Nous restons positionnés dans la perspective d’une poursuite de la hausse des marchés d’actions et d’une légère hausse des taux d’intérêt, mais nous sommes désormais plus confiants sur l’Europe que sur les Etats-Unis. La reprise économique suit quant à elle son cours sur les marchés émergents : nous y privilégions les obligations en monnaie forte et en particulier les actions asiatiques. Sur les marchés obligataires, nous sommes désormais plus prudents sur les obligations high yield américaines et européennes après le rally qu’elles ont connu, et continuons de favoriser les obligations investment grade sur lesquelles nous sommes toutefois plus sélectifs désormais. Enfin, nous avons renforcé nos positions sur l’or dans une optique de couverture et de diversification de notre portefeuille afin de nous prémunir contre une éventuelle recrudescence de la volatilité.

 

Principaux points forts du marché

- Les banques centrales mondiales devraient rester accommodantes dans un avenir proche.

- Une croissance modérée du PIB mondial et une faible inflation.

- Une bonne liquidité, des bénéfices d’entreprises en hausse et des rendements faibles à négatifs.

Principaux points faibles du marché

- Une grande dépendance qui perdure vis-à-vis des banques centrales.

- Des valorisations tendues et une volatilité faible.

- Le dollar américain est à surveiller concernant les perspectives de rendement ajusté au risque pour les investissements libellés en euros.

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2016, au 12/09/17 à 10h30

CAC 40 : 5.201 / +6,98 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.511 / +6,73 %

DAX 30 : 12.533 / +9,17 %

FTSE 100 : 7.407 / +3,71 %

S&P 500 : 2.488 / +11,13 %

Dow Jones : 22.057 / +11,61 %

Nasdaq Composite : 6.432 / +19,49 %

Nikkei 225 : 19.776 / +3,46 %