Les portefeuilles types

L'avis de Candriam

Pendant l’été, la divergence entre les États-Unis et le reste du monde s’est accentuée sur les marchés financiers. L’écart de performance entre États-Unis et les autres régions a atteint récemment des points extrêmes. Cette divergence se fonde sur la vigueur de l’économie américaine cette année et sur les conséquences d’une politique extérieure dominée par le « America First ». Comment investir dans ce contexte ? Notre allocation continue à surpondérer les actions, mais nous avons choisi également de diversifier notre allocation géographique en réduisant un peu notre exposition aux actions américaines pour augmenter notre exposition aux actions de la zone Euro et du Japon.
La croissance américaine est dans sa 9e année d’expansion ininterrompue. Portée par la relance fiscale, la croissance économique accélère et devrait être proche de 3 % cette année. En l’absence de pressions inflationnistes, la politique monétaire américaine poursuit son resserrement très graduel, constituant un contexte toujours très favorable aux actions. La croissance des bénéfices des entreprises devrait cette année être supérieure à 20 % et la valorisation du marché américain a baissé depuis l’an dernier en dépit de sa très bonne performance. En ce sens, aucun excès n’est réellement détectable aujourd’hui sur le marché américain, tant que la combinaison croissance / inflation modérée reste valide.

Les fondamentaux restent bons, même en dehors des États-Unis
Dans la zone Euro, la croissance devrait tenir autour de 2 %, avec de meilleurs chiffres au second semestre. L’Italie reste néanmoins un point de vulnérabilité, cumulant faiblesse économique et incertitude politique. Les attentes des investisseurs ont déjà été fortement revues à la baisse et leur prudence se lit dans une valorisation attractive du marché actions. La performance des actions de la zone Euro a cumulé un retard de 15 %depuis début mai par rapport aux actions américaines. À court terme, toute nouvelle favorable devrait permettre un rattrapage des actions de la zone Euro. 
Au Japon, les fondamentaux sont également en amélioration. La politique « Abenomics » devrait se poursuivre si Abe est réélu pour trois ans le 20 septembre comme attendu, alors que la banque du Japon poursuit son soutien en termes de politique monétaire. Le Japon reste pour le moment relativement épargné par les tweets du président américain, ce qui préserve le pays d’une source supplémentaire de volatilité.
Les pays émergents constituent aujourd’hui la première et principale victime de la politique extérieure américaine, mettant en avant le « America First ». La croissance globale des pays émergents devrait ralentir, tout en restant à un niveau supérieur à celui des pays développés. La situation ne peut être jugée de manière globale, il existe de fortes disparités entre pays. Quelques pays comme la Turquie ou l’Argentine ont confirmé leur fragilité (dépendance à la dette extérieure) et subi une pression forte sur les marchés financiers cet été. La taille de ces pays fortement « vulnérables » reste néanmoins limitée. Le principal risque identifié aujourd’hui reste la Chine. La Chine est la principale cible des pressions commerciales américaines, alors que les exigences du président américain rendent l’issue d’une négociation très incertaine. Les autorités chinoises ont commencé à soutenir leur économie domestique, de manière modérée pour le moment. Le point d’orgue de ces tensions commerciales aura lieu autour des élections américaines de mi-mandat. Le président américain devrait être capable de présenter quelques « victoires », le sujet chinois paraît néanmoins trop complexe pour être complètement résolu à cette date.