L'avis de Candriam

Candriam

Le marché a redécouvert cet été l’existence possible de la volatilité. Après une première alerte mi-juillet, le début du mois d’août a été un peu plus mouvementé. Largement alimentée par les risques géopolitiques qui se sont ajoutés, la montée de l’aversion au risque est pour le moment contenue. Seuls restent un sentiment moins optimiste et une frustration globale devant la poursuite des tendances précédentes : tendance haussière des obligations, des actions, volatilité limitée avec le soutien attendu et répété des banques centrales. Toute déception économique renforce ces mouvements, pourvu qu’elle ne fasse pas basculer une région dans un scénario beaucoup plus noir.

C’est ce qui menace la zone euro aujourd’hui. Alors qu’au premier semestre, les indicateurs économiques ont montré une amélioration progressive de l’économie, les dernières publications de juillet et août ont été plus mitigées. Les croissances économiques de la France et de l’Italie déçoivent et l’Allemagne n’en ressort pas indemne : 40 % de ses exportations vont vers la zone euro. On peut y ajouter les effets du ralentissement économique de la Russie et l’impact à venir des sanctions économiques bilatérales annoncées. L’effet sur les indicateurs de confiance commence déjà à être mesuré, le dernier indicateur allemand publié (ZEW) était en forte baisse par rapport au mois précédent. Doit-on céder à cette morosité européenne ? Il ne faudrait pas que les effets du conflit ukrainien s’éternisent. Du côté des bonnes nouvelles, le dernier sondage sur les prêts en juillet de la banque centrale européenne montrait pour la première fois une amélioration de la demande et des conditions de crédit. En septembre, la BCE va lancer ses premières opérations de refinancement à long terme qui porteront d’autant plus leurs fruits que la demande de crédit se redresse. M. Draghi a également laissé entendre que la banque centrale a intensifié les travaux de préparations pour l’achat de créances titrisées et pourrait toujours envisager un assouplissement monétaire à l’américaine si les anticipations d’inflation à moyen terme décrochaient. L’action de la BCE est dans les prochaines semaines l’élément de soutien le plus probable pour la zone euro.

Aux Etats-Unis comme dans les pays émergents, le sentiment est resté raisonnablement optimiste, pas excessif pour laisser entrevoir une hausse brutale des taux, mais suffisant pour rester confiant dans l’amélioration économique. C’est ce que l’on peut lire dans l’évolution des marchés : la tendance haussière des actions y est moins menacée qu’en zone euro, alors que les obligations souveraines continuent leur ascension. Seules les obligations à haut rendement américaines, dont la valorisation était jugée très tendue, ont corrigé brutalement et souffert de sorties de flux les plus importantes depuis juin 2013. C’est une première alerte sur le risque de liquidité de certaines classes obligataires dans lesquelles les investisseurs avides de rendement se sont engouffrés.

Nous avons conservé nos principaux axes d’allocation d’actifs: surpondération des actions répartie entre zone euro, pays émergents et Japon. Notre surpondération sur la zone euro a fait l’objet d’ajustements tactiques dans la phase corrective depuis début juillet. Nous continuerons à être actifs sur ces zones, mais positifs à moyen terme en l’absence de changement de notre scénario global de reprise. Les pays émergents ont bénéficié d’une meilleure croissance chinoise qu’attendu et d’une volonté politique du pays un peu plus affirmée de soutenir l’économie. Sur les obligations, nous conservons notre scénario d’une hausse des taux aux Etats-Unis d’ici à la fin de l’année, cohérente avec le rebond économique attendu et un consensus anticipant une première hausse des taux de la Fed mi-2015.

Nous pensons également que l’écart avec les taux européens va continuer à se creuser. Nous avons légèrement réduit notre exposition aux obligations d’entreprises européennes en faveur des pays émergents. Enfin, côté devises, nous avons augmenté notre exposition au dollar américain, le renforcement de la monnaie américaine devenant plus évident depuis mi-juillet.

Principaux points forts du marché

Soutien des politiques monétaires des banques centrales

Poursuite de l’amélioration économique attendue aux Etats-Unis et dans les pays émergents

Principaux points faibles du marché

Les risques géopolitiques se sont multipliés cet été

La crise ukrainienne ajoute de l’incertitude à la situation économique européenne

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 26/08/14 à 10h00

CAC 40 : 4.340 / +1,05 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.157 / +1,57 %

DAX 30 : 9.476 / -0,80 %

FTSE 100 : 6.802 / +0,78 %

S&P 500 : 1.997 / +8,09 %

Dow Jones : 17.076 / +3,02 %

Nasdaq Composite : 4.557 /+9,12 %

Nikkei 225 : 15.521 / -4,73 %