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L'avis de Candriam

Candriam

La BCE semble une fois de plus avoir réussi son opération de communication en juin : les investisseurs n’ont pas été déçus par ses annonces de politique monétaire. La mission n’était pas simple et loin d’être gagnée d’avance, son président M. Draghi ayant maintenu le suspense sur des annonces possibles en juin. L’inflation dans la zone euro ne cesse de baisser depuis 2011, elle est tombée à 0,5 % aujourd’hui. Dans nos scénarios économiques, l’inflation se stabilise et remonte progressivement avec l’amélioration de la croissance économique. Les Européens restent néanmoins dans une zone dangereuse de faible inflation, où tout nouveau choc externe peut faire basculer l’inflation en territoire négatif.

L’action de la BCE suffira-t-elle à écarter un risque de déflation ? Un programme ambitieux d’opérations de refinancement à long terme (4 ans à taux fixe de 0,25 %) sera lancé en septembre avec pour cible les prêts aux entreprises non financières et aux ménages (hors prêts hypothécaires). Les montants des opérations peuvent être de 400 milliards d’euros en 2014, et doubler l’an prochain en fonction du volume de nouveaux prêts émis. L’objectif est clairement de diminuer les taux des prêts aux entreprises qui se financent auprès des banques et de cibler les plus petites entreprises.

Dans un premier temps, les annonces de la BCE devraient permettre d’ancrer durablement les taux à un faible niveau et exercer une pression baissière sur l’euro. Si la croissance reprend comme attendu, même modestement, ceci pourrait suffire à créer à moyen terme un cercle plus vertueux pour l’économie et relancer la demande de crédits à des conditions plus attractives.

Aux Etats-Unis, après le coup de froid de cet hiver, les derniers indicateurs économiques confortent les prévisions d’accélération de la croissance. Les préoccupations monétaires y  sont à l’opposé de celles de la zone euro. Le pays est engagé dans une phase de normalisation de sa politique monétaire avec l’arrêt progressif du dernier programme d’achat d’actifs. La communication de la banque centrale pilote l’évolution des taux qui devraient progresser au deuxième trimestre avec la confirmation d’un rebond économique.

Ceci a des implications déterminantes pour nos choix d’allocation d’actifs. Les taux devraient monter dans les trimestres à venir, principalement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. En zone euro, les dernières mesures de la BCE devraient permettre aux taux européens de progresser plus lentement et ainsi de ne pas compromettre la reprise économique.

La classe obligataire a très bien performé au premier semestre, bénéficiant de manière inhabituelle de la baisse des taux et de la réduction des primes de risque appliquées au crédit aux entreprises. A l’inverse, dans une phase de hausse des taux, le rendement de ces mêmes classes obligataires sera beaucoup moins attractif qu’au premier semestre 2014. Notre choix se tournera par conséquent davantage vers les actions qui bénéficient d’une meilleure valorisation relative, de flux entrants positifs et de l’amélioration du sentiment des investisseurs.

Nous privilégions la zone euro où le rebond cyclique attendu après une double récession devrait supporter la performance des actions. L’économie des pays périphériques montre des signes de redressement, partant de niveaux déprimés, ce qui donne l’opportunité de surprises positives sur les résultats des entreprises.

Concernant les pays émergents, la performance relative des actions souffre depuis 2010 de la réduction de l’écart de croissance entre ces pays et les pays développés. Est-on au bout de cette révision baissière de la croissance émergente ? Les surprises économiques restent globalement négatives. Seule une meilleure visibilité sur leurs perspectives de croissance, et notamment celle de la Chine, pourrait motiver plus durablement les investisseurs à réinvestir sur la zone. La dette émergente quant à elle a très bien performé et présente toujours un rendement relatif au risque attractif par rapport aux autres classes obligataires. La valorisation est plus tendue qu’en début d’année mais la classe obligataire émergente en devises locales nous semble toujours attractive.

 

Principaux points forts du marché

- Accélération de la croissance économique au second semestre

 - Soutien des politiques monétaires des banques centrales

Principaux points faibles du marché

- Risques géopolitiques (Irak après l’Ukraine)

- Excès d’optimisme des investisseurs

 

Evolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2014, au 24/06/14 à 14h30

CAC 40   4.521 / +5,26 %

DJ EuroStoxx 50  3.284 / +5,63 %

DAX 30  9.922 / +3,87 %

FTSE 100  6.792 / +0,65 %

S&P 500  1.962 / +6,18 %

Dow Jones  16.937 / +2,18 %

Nasdaq Composite  4.368 /+4,60 %

Nikkei 225  13.376 / -5,62 %