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L'Avis de BNP Paribas AM

BNP Paribas AM

Nous restons confiants pour l’année 2019 et tablons sur une croissance globale robuste, bien que nous ayons revu nos prévisions légèrement à la baisse en début d’année pour les Etats-Unis. La croissance chinoise devrait continuer à décélérer à mesure que son économie s’approche d’un stade plus mature avec davantage de services. Cette croissance ne profitera pas au reste du monde autant qu’auparavant car elle se recentre progressivement sur le marché domestique. En outre, le stimulus économique insufflé par les autorités chinoises en 2015 s’est estompé. Pékin continue de soutenir l’économie, mais dans une moindre ampleur. Priorité est donnée au rééquilibrage des excès financiers que le précèdent stimulus a contribué à créer. Du côté des pays développés, en Europe et aux Etats-Unis nous ne prévoyons pas de récessions dans l’année à venir, mais nous ne négligeons pas les risques qui pèsent sur la croissance mondiale. En particulier, nous surveillons de près la dynamique de normalisation monétaire. Dans les années suivant la crise de 2008, elles ont abaissé leurs taux d’intérêts et injecté des liquidités en achetant des obligations. Ce faisant, elles ont accru considérablement la taille de leur bilan.
Ce soutien monétaire est maintenant dans une dynamique inverse. La Fed remonte ses taux depuis décembre 2015 et a commencé, en 2018, à réduire son bilan en ne renouvelant plus les obligations qu’elle détient lorsqu’elles arrivent à maturité. En Europe, la BCE s’inscrit dans une dynamique similaire en ayant stoppé ses achats d’obligations, première étape avant une éventuelle remontée de ses taux directeurs.
 Durant le dernier trimestre 2018, les craintes d’une poussée inflationniste ont laissé place à des préoccupations sur la croissance mondiale qui ont culminé fin décembre 2018 par un pessimisme excessif des investisseurs et une chute des marchés d’actions. Face à ces turbulences, la Fed a surpris par un revirement de sa politique. Apres une série de hausses régulières et quasi automatiques de ses taux, elle se montrera dorénavant plus patiente avant sa prochaine décision. En l’absence d’une amélioration des indicateurs économiques et une reprise de l’inflation, il est probable qu’elle mette en pause cette phase de hausse des taux d’intérêts. D’autre part, elle a remis au devant de la scène une potentielle utilisation de son bilan si le besoin s’en faisait sentir. Cette attitude indique une volonté de soutenir l’économie et indirectement les actifs financiers. Cela montre également que la banque centrale écarte le risque d’une remontée soudaine de l’inflation. Les investisseurs ont accueilli cette nouvelle avec optimisme en se repositionnant sur les actifs risqués. Cette nouvelle donne de la Fed, si elle se confirme et se prolonge, devrait mettre fin au renforcement du dollar et freiner la remontée des taux. Les actifs risqués tels que les actions et les crédits high yield à hauts rendements devraient en profiter. Les marchés émergents devraient aussi bénéficier de cette dynamique. Une question se pose désormais : combien de temps durera ce répit ?  Certains évoquent des similitudes avec la pause de la Fed en 2016 qui s’est suivie par deux années de croissance dynamique. Nous pensons que la situation est différente aujourd’hui, à cause du resserrement monétaire des banques centrales, d’un cycle économique plus avancé, du soutien limité de l’économie chinoise et des différents risques politiques, en particulier sur le commerce mondial. Par conséquent, nous estimons que ce répit sera limité et nous restons stratégiquement neutres sur les actions, avec une approche tactique pour bénéficier de la volatilité accrue des marchés. Nous avons profité de la baisse des prix des crédits à hauts rendements grâce à une position courte que nous avons décidé de couper début janvier. Concernant les obligations d’Etat, nous continuons à penser que les taux dans la zone Euro tels que le Bund allemand offrent des rendements trop faibles, autrement dit que leurs valorisations sont trop chères alors même que la BCE se dirige vers une politique plus ferme et que son président Draghi sera remplacé par un profil probablement plus restrictif mi-2019.


Point forts :

Les marchés apprécient l’approche plus patiente de la Fed
L’activité globale ralentit, mais demeure au-dessus du potentiel
L’inflation demeure contenue, en ligne avec les prévisions

Points faibles :

Possible escalade des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine
Risque de surchauffe aux Etats-Unis via une tension sur les salaires
La dette globale des secteurs publics et privés reste très élevée