Portefeuilles types

L'avis de BFT IM

BFT IM

Les revers successifs rencontrés par le président américain dans la mise en place de son programme confirment que l’implémentation  des promesses de campagne ne sera pas aisée, et ce en dépit d’une majorité républicaine au sein du Congrès. Après la suspension du décret migratoire, Donald Trump s’est vu dans l’obligation d’abandonner le projet de loi de réforme sur la santé publique (Haca) faute de soutiens au sein de son propre camp. Cette situation conduit à s’interroger sur la capacité de l’administration américaine à mettre en œuvre le programme d’expansion budgétaire défendu par le nouveau président américain. Par ailleurs, ces camouflets sont-ils de nature à faire chanceler les marchés d’actifs risqués positivement orientés depuis la victoire de Donald Trump à l’élection de novembre 2016 ?

Les études conduites par le Congressional Budget Office relativisent de manière significative l’impact de politiques budgétaires de relance sur la croissance du PIB lorsque l’économie se situe en phase d’expansion ou en haut de cycle. Le multiplicateur des dépenses publiques est en effet voisin de 0, signe qu’un accroissement de la dépense budgétaire a un impact quasi nul sur la progression du PIB. Donald Trump devra aussi respecter le calendrier imposé par les deux Chambres. Le Sénat et la Chambre des représentants ne rendront leurs arbitrages qu’à la fin du premier semestre 2017. Dans ce cadre, la mise en œuvre et les effets des mesures votées ne se manifesteront qu’en fin d’année, voire au début de 2018. Enfin, de nombreuses dispositions phares (volet relatif aux taxes) du programme de Donald Trump sont encore à l’étude. L’exemple de l’ajustement fiscal à la frontière (border tax) demeure une illustration supplémentaire du manque de clarté dont fait preuve le président américain. Face aux insuccès de l’administration outre-Atlantique, les marchés d’actifs risqués, développés comme émergents, ne se sont que modestement repliés au cours du mois de mars. Trois facteurs peuvent expliquer cette apparente résilience : des perspectives de croissance toujours bien orientées, des banques centrales plus accommodantes qu’escompté et une attente encore positive de la part des investisseurs concernant le volet fiscal de Donald Trump.

Les données d’enquêtes de chaque côté de l’Atlantique révèlent que le momentum de croissance reste solide et favorablement orienté. En zone euro, l’estimation préliminaire de l’indice des directeurs d’achats pour le mois de mars ressort en nette hausse (+56,7 en mars vs 56 points en février), prolongeant l’inflexion positive constatée depuis plusieurs mois. Aux Etats-Unis, la confiance des ménages comme celle des entreprises ne faiblit pas et continue de se maintenir à des niveaux élevés. Du côté des banques centrales, la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne ont toutes deux souligné les progrès significatifs réalisés sur le front macroéconomique mais sont restées très prudentes quant à un durcissement éventuel de leur politique monétaire. Les gouverneurs ont souligné  la nécessité d’une approche graduelle et rappellent ainsi qu’il est encore trop tôt pour enterrer le principe de la forward guidance.

Comment faut-il positionner son allocation d’actifs dans un contexte de nette diminution des primes de risque ? La définition de notre allocation d’actifs s’appuie sur  plusieurs thèmes clés. La synchronisation de la reprise mondiale permettra de prolonger le rally boursier. Nous maintenons dans ce cadre ainsi une exposition significative mais mesurée vis-à-vis des actions. Toutefois, la valorisation de cette classe d’actifs nous invite à prendre quelques profits d’une part et d’autre part, le risque électoral en France constituant une ombre supplémentaire à ce tableau et militant pour l’adoption d’une approche mesurée à ce stade. A cet égard, nous implémentons des stratégies de protection via le recours d’options pour amortir un éventuel choc sur nos portefeuilles.

En outre, nous con-servons une nette diversification de nos poches actions en investissant notamment en dehors de la zone euro (Etats-Unis, Japon et économies émergentes). Nous sommes l’arme au pied pour nous repositionner de manière marquée sur les actions européennes dès que le brouillard sera levé en Europe. Sur les marchés de taux, nous maintenons des positions acheteuses, notamment sur les emprunts d’Etat américains qui procurent aujourd’hui un portage intéressant et qui pourraient également bénéficier d’une fuite vers la qualité dans le cas d’une issue électorale défavorable en France.

 

Principaux points forts du marché

Confiance des agents économiques toujours en progression.

Des banques centrales prudentes.

Retour graduel de flux acheteurs sur les actions européennes.

Principaux points faibles du marché

Précarité de l’équilibre sur les marchés pétroliers.

Attentisme relatif à la mise en œuvre des réformes aux Etats-Unis.

« Brexit » et début de négociations tendues avec l’Union européenne.

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2017, au 12/04/17 à 11h00

CAC 40 : 5.123 / +5,35 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.481 / +5,79 %

DAX 30 : 12.180 / +6,08 %

FTSE 100 : 7.392 / +3,49 %

S&P 500 : 2.354 / +5,13 %

Dow Jones : 20.651 / +4,50 %

Nasdaq Composite : 5.866 / +8,98 %

Nikkei 225 : 18.552 / -2,94 %