Portefeuilles types

L'Avis de BFT IM

BFT IM

L’année qui vient de s’écouler n’aura pas été de tout repos. Le faux départ pris par les marchés d’actifs risqués en début d’année, la multiplication des rendez-vous politiques à haut risque, les incertitudes relatives à la croissance chinoise et aux fluctuations du prix du pétrole auraient pu laisser craindre le pire pour 2016. Mais les marchés financiers ont finalement décidé d’adhérer à un scénario nettement plus optimiste et pour cause : la stabilisation des cours du pétrole et les perspectives de remontée tant attendue de l’inflation qui en découlent, la résilience de la croissance des pays développés aux chocs de nature exogène et la prolongation de celle-ci en lien avec les promesses de politiques budgétaires expansionnistes aux Etats-Unis ont alimenté ce changement d’orientation. 

Au total, les principaux indices boursiers outre-Atlantique et au Royaume-Uni terminent cette année en affichant des performances substantielles (+9,5 % pour le S&P 500, +14,4 % pour le FTSE 100) là où les indices européens se contentent d’effacer les pertes enregistrées au début de l’année (+0,5 % sur l’EuroStoxx 50). La poussée des marchés a par ailleurs été accompagnée de plusieurs inflexions. La remontée des taux d’intérêt expliquée par la superposition d’une prime de politique monétaire, d’une prime d’inflation et d’une prime politique a conduit les investisseurs à se rediriger vers les actions des pays développés principalement, délaissant au passage les marchés émergents. L’engouement des investisseurs s’est principalement porté sur les secteurs des ressources énergétiques et industrielles du fait de la stabilité des cours du pétrole, puis vers le secteur bancaire qui profite de la pentification des courbes de taux. Symétriquement, l’élection de Donald Trump et la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a ranimé les thématiques protectionnistes et isolationnistes. Dans ce contexte, les petites et moyennes capitalisations ont fait l’objet de la  convoitise des investisseurs surperformant les indices phares de près de 10 points aux États-Unis.

Cette rotation globale et au sein de la classe d’actifs se poursuivra-t-elle en 2017 ? Tout d’abord, la croissance du PIB mondiale devrait augmenter en 2017 (+3,3 % contre +3 % en 2016), tirée sans distinction par les zones émergentes et développées. L’inflation quant à elle continuera de progresser sous l’impulsion de sa composante énergétique entraînant dans son sillage les taux à long terme. Même si la Réserve fédérale continuera de relever son taux directeur, l’ajustement restera graduel et contenu. Et les politiques monétaires resteront dans l’ensemble « encore » accommodantes, à l’image de la BCE qui continue d’exercer une pression substantielle sur la partie courte de la courbe. Cet environnement devrait dès lors continuer de favoriser les actifs risqués en particulier les valeurs cycliques (secteur énergétique et bancaire). Le renforcement du dollar pourrait pénaliser plusieurs zones émergentes, notamment celle dont la devise est ancrée sur celle du billet vert et in fine accentuer la désaffection observée pour ces marchés.

Notre politique d’investissement est gouvernée par la conviction d’une sortie graduelle de l’univers de taux bas expliqué en partie par l’augmentation des pressions inflationnistes d’une part, et d’un renforcement de la croissance mondiale pour 2017 d’autre part. Cette vue structurante nous conduit donc à rechercher et à privilégier les actifs sensibles à ce nouvel environnement. Dans les faits, même si nous conservons une exposition significative sur le crédit européen (sur l’ensemble du spectre), nous avons commencé à prendre nos profits et à diminuer notre sensibilité au risque de taux d’intérêt. En parallèle, nous avons mis en place une stratégie sur les obligations indexées sur l’inflation aux États-Unis pour tirer parti de la progression de l’indice des prix aux Etats-Unis.

L’exposition de nos portefeuilles aux actions a été renforcée, passant de neutre à légèrement positif, et nous conservons une exposition diversifiée au sein de laquelle nous favorisons désormais la zone Euro. En complément, nous avons récemment allégé nos positions sur les stratégies de « minimum variance » ainsi que sur le secteur de l’immobilier européen, particulièrement touché par la hausse des taux d’intérêt. Nous avons en outre initié une position acheteuse sur le secteur bancaire européen ainsi que sur les actions de petite capitalisation européenne.

La hausse du dollar, la remontée des taux américains ainsi que l’impact des promesses protectionniste de Donald Trump sur le commerce mondial devrait se traduire par la poursuite des sorties de de capitaux et in fine peser sur les actifs risqués de la zone émergente. Nous avons en toute logique décidé de réduire notre exposition sur cette zone.

 

Principaux points forts du marché

- Croissance mondiale en augmentation pour 2017.

- Stabilisation du prix du pétrole et retour graduel de l’inflation.

- Meilleure visibilité de l’action des banques centrales.

Principaux points faibles du marché

- Ajustement rapide des taux longs à la hausse.

- Calendrier politique à risque en Europe.

- Promesses budgétaires non tenues aux Etats-Unis.

 

Evolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2016, au 17/01/17 à 17h30

CAC 40 : 4.862 / +0,01 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.287 / -0,10 %

DAX 30 : 11.548 / +0,59 %

FTSE 100 : 7.231 / +1,24 %

S&P 500 : 2.268 / +1,34 %

Dow Jones : 19.838 / +0,39 %

Nasdaq Composite : 5.547 / +3,06 %

Nikkei 225 : 18.813 / -1,57 %