Portefeuilles types

L'Avis d'AG2R La Mondiale

AG2R La Mondiale

Les marchés pétroliers demeurent un facteur d’incertitude pour 2017 : l’accord de l’Opep visant à réduire la production semble respecté par l’Arabie saoudite mais il a ouvert la voie à une reprise de la production américaine qui pèse sur les prix. D’ici à la fin de l’année 2017, l’hypothèse la plus vraisemblable reste celle d’un retour à l’équilibre entre offre et demande, permettant une stabilisation du baril de Brent vers 60 dollars.

La hausse du pétrole courant 2016 provoque, avec un effet retardé, une hausse de l’inflation en Europe (vers 2 %) et aux Etats-Unis (approchant de 3 %). Cela a permis d’évacuer le spectre d’une déflation mondiale prolongée. L’inflation sous-jacente (hors énergie) reste sous contrôle : aux Etats-Unis, elle dépasse un peu l’objectif officiel (2,2 %) ; mais elle en est encore très éloignée en zone euro (0,9 %). Ce retour de l’inflation ne devrait donc déstabiliser ni les économies, ni les marchés financiers.

La croissance mondiale était en accélération fin 2016 et commence l’année sous les auspices favorables d’enquêtes de conjoncture bien orientées sur tous les continents. La croissance mondiale devrait accélérer d’un demi-point en 2017, à 3,1 %. La demande américaine reste néanmoins timide début 2017 et le Brésil et la Russie peinent à sortir de deux années de récession. Il est peu probable que l’économie mondiale accélère au-delà de son potentiel de croissance (3 %).

De ce fait, la Réserve fédérale américaine, qui a atteint ses objectifs de plein emploi et d’inflation, devrait rester prudente dans la remontée de ses taux directeurs. Elle veut les porter à 3 % d’ici à fin 2019, avec trois relèvements de taux cette année (+75 pb à 1,5 %). Une politique budgétaire très accommodante de la présidence Trump pourrait accélérer cette trajectoire mais cette éventualité semble perdre du terrain. Les taux longs américains devraient poursuivre leur hausse progressive, entraînant en partie ceux de la zone euro. Mais la BCE poursuivra ses achats d’obligations jusqu’à la mi-2018 et devrait maintenir des taux d’intérêt négatifs jusque-là. Elle sera particulièrement attentive à amortir d’éventuels chocs financiers qui pourraient découler des élections françaises (avril-juin) ou surtout italiennes, envisageables, de façon anticipée, fin 2017.

La reprise simultanée des volumes d’activité et des prix, à l’échelle mondiale, devrait permettre une accélération des bénéfices, tout particulièrement en zone euro. Les marchés européens devraient à cette occasion rattraper leur retard sur les performances américaines. Le secteur immobilier européen continental, à la faveur de la reprise de l’activité et de l’emploi, devrait bien résister à ce début de hausse des taux, ceux-ci demeurant intrinsèquement faibles. 

L’allocation d’actifs continue donc de favoriser les actions au détriment des obligations, qui pourraient être pénalisées par des moins-values liées à la hausse des taux. Celles-ci seraient difficiles à absorber par des coupons annuels devenus très faibles, voire nuls, pour une bonne partie des emprunts d’Etat européens. Les portefeuilles obligataires sont plus spécialement investis sur des taux courts, pour réduire la sensibilité à la hausse des taux, et des obligations indexées sur l’inflation, pour réduire l’exposition à la hausse de l’inflation anticipée. L’allocation entre dette privée et emprunts d’Etat restera équilibrée : les signatures privées sont relativement chères après la hausse des rendements des emprunts d’Etat italiens et français. Mais les incertitudes politiques demeureront jusqu’en mai-juin au moins.

Les actions européennes sont créditées par les analystes d’une croissance des résultats de 18 % pour la seule année 2017. Le consensus est traditionnellement optimiste mais il est à noter que cette année, les prévisions sont orientées à la hausse. La zone euro paraît relativement bon marché (à 15 fois les résultats attendus pour 2017, 3,3 % de taux de dividende) par rapport au marché américain (18 fois les bénéfices, 2 % de dividende). L’exposition au Japon est neutre, avec une croissance et une inflation encourageantes, mais un ton en dessous de l’Europe. Sur les marchés émergents, après un excellent début d’année, la position est également neutre. 

 

Principaux points forts du marché

- Dividendes encore élevés en Europe.

- Accélération des résultats.
 
- Faible volatilité.
 

Principaux points faibles du marché

- Incertitude  liées aux élections françaises et surtout italiennes.

- Effets négatifs des taux d’intérêt sur les valeurs de croissance.

- Incertitudes sur la politique budgétaire et commerciale américaine.

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2017, au 29/03/17 à 11h30

CAC 40 : 5.058 / +4,03 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.474 / +5,59 %

DAX 30 : 12.209 / +6,34 %

FTSE 100 : 7.345 / +2,83 %

S&P 500 : 2.358 / +5,35 %

Dow Jones : 20.701 / +4,75 %

Nasdaq Composite : 5.875 / +9,14 %

Nikkei 225 : 19.217 / +0,54 %