Portefeuilles types

L'Avis d'AG2R La Mondiale

AG2R La Mondiale

Les prix pétroliers sont en hausse depuis le printemps 2016 alors que l’excédent de production se résorbe sous l’effet combiné de la hausse lente, mais régulière, de la demande et des réductions décidées par l’Opep et la Russie fin 2016. Cela devrait permettre de stabiliser le baril de Brent dans une fourchette de 55 à 60 dollars en 2017. La remontée des prix pétroliers provoque une nette accélération de l’inflation dans les pays développés : elle devrait culminer vers 2 % en zone euro et 3 % aux Etats-Unis, avant de décélérer en fin d’année, quand l’effet des prix de l’énergie sur l’inflation d’ensemble s’estompera.

La croissance mondiale a été décevante en moyenne en 2016 (2,6 %), principalement du fait des Etats-Unis (1,6 % seulement), de la Russie et du Brésil (dont les PIB ont encore reculé). Mais la Chine et l’Europe, tant au Royaume-Uni qu’en zone euro, ont fait mieux que prévu. Le PIB a accéléré presque partout au second semestre 2016, notamment dans le secteur industriel. Ceci apporte un effet de base favorable à la croissance moyenne 2017 : elle atteindrait 3,1 % dans le monde, avec 2,5 % aux Etats-Unis, environ 6,5 % en Chine et presque 2% en zone euro.

La Réserve fédérale américaine, très proche désormais de ses objectifs de plein emploi et d’inflation, veut porter les taux courts à 3 % d’ici à fin 2020. Elle indique trois hausses de taux (75 pb) pour 2017.  Une politique budgétaire éventuellement plus accommodante de la présidence Trump pourrait accélérer cette trajectoire. Les taux longs américains devraient refléter la hausse des taux monétaires et entraîner en partie les taux longs européens. Cependant, pour soutenir un retour durable de l’inflation vers 2 % et éviter une fragmentation financière de la zone euro, la BCE pratiquera des taux d’intérêt négatifs jusqu’à la mi-2018 au moins et achètera près de 800 milliards d’euros d’obligations en 2017. Ceci limitera la hausse des taux longs en zone euro mais pas forcément les divergences entre pays. Elles risquent de persister au moins jusqu’aux élections législatives françaises (juin) voire allemandes (septembre) ou surtout italiennes, qui pourraient avoir lieu de façon anticipée en 2017.

Les marchés boursiers ont douté de la reprise européenne en 2016. Ces doutes semblent se résorber avec des taux de dividendes européens élevés (3,7 %) et des bénéfices en hausse de 10 à 15 % en 2017. Les marchés européens devraient rattraper une partie de leur retard sur les performances américaines. Le secteur immobilier européen continental devrait également bénéficier du climat de reprise de l’activité et de l’inflation, et de taux longs certes en hausse, mais encore bas.

L’allocation d’actif reste donc déterminée par la remontée de l’inflation et l’amélioration de la croissance, qui ne sont sans doute pas encore pleinement entérinées par les marchés. Elle privilégie les actions aux dépens des obligations.

Pour réduire l’effet de la hausse des taux longs sur les performances, les portefeuilles obligataires sont surexposés aux taux courts et aux obligations indexées sur l’inflation. L’allocation entre dette privée et emprunts d’Etat restera équilibrée : les signatures privées sont relativement chères après la hausse des rendements sur les emprunts d’Etat italiens et français. Cette hausse pourrait s’accentuer à l’occasion d’un accès de fièvre politique mais devrait se résorber une fois les élections passées.

Les portefeuilles boursiers sont particulièrement focalisés sur les marchés européens, qui restent nettement moins chers (à 14,5 fois les résultats attendus pour 2017, 3,7 % de taux de dividende) que les marchés américains (17,5 fois les bénéfices, 2 % de dividende). L’exposition au marché japonais est renforcée, alors que la croissance économique semble s’accélérer un peu dans un environnement de taux d’intérêt durablement très bas et une parité de change assez avantageuse pour les exportateurs. Les marchés émergents ont connu une très bonne performance en début d’année : ils peuvent être un peu allégés alors que la nouvelle politique commerciale américaine crée des incertitudes. Les allocations sectorielles favoriseront les valeurs financières européennes, qui se sont bien redressées depuis six mois, mais devraient continuer de bénéficier de la remontée des taux obligataires. Les valeurs cycliques, d’une façon générale, devraient bénéficier du regain de l’activité et des prix alors que les valeurs de croissance pourraient souffrir de la remontée des taux longs, qui réduit la valeur présente de leur croissance future.

Principaux points forts du marché

- Accélération économique.

- Dividendes élevés.

- Accélération des résultats.

Principaux points faibles du marché

- Effet de la hausse des taux sur les valeurs de croissance.

- Elections françaises et italiennes incertaines.

- Incertitude sur la politique géostratégique américaine.

 

Évolution des marchés financiers depuis le 1er janvier 2017, au 15/02/2017 à 11h30

CAC 40 : 4.917 / +1,14 %

DJ EuroStoxx 50 : 3.325 / +1,08 %

DAX 30 : 11.812 / +2,89 %

FTSE 100 : 7.299 / +2,20 %

S&P 500 : 2.337 / +4,41 %

Dow Jones : 20.504 / +3,75 %

Nasdaq Composite : 5.782 / +7,42 %

Nikkei 225 : 19.437 / +1,69 %