L’assouplissement de Bâle III profite au secteur bancaire

Au-delà du mouvement de rotation sectorielle qui a profité au compartiment bancaire en ce début d’année, les actions des établissements européens ont également bénéficié de l’assouplissement de plusieurs normes prudentielles du nouveau référentiel Bâle III. Le 6 janvier, le Comité de Bâle a ainsi décidé d’étaler jusqu’à 2019 la mise en application du ratio de liquidité à court terme (le liquidity coverage ratio), qui vise à s’assurer que les banques détiennent suffisamment de titres cessibles pour couvrir leurs sorties de trésorerie pendant 30 jours. La gamme des titres éligibles au calcul de cet indicateur a en outre été élargie aux actions et aux prêts immobiliers résidentiels titrisés, ainsi qu’aux obligations d’entreprises dont la notation est au minimum de BBB-.

Une semaine plus tard, le Comité de Bâle a également assoupli les modalités de calcul du ratio de levier, qui rapporte les fonds propres « Tier 1 » d’une banque à l’ensemble de ses actifs et devra atteindre au minimum 3 % à partir de janvier 2018. En particulier, la prise en compte de l’exposition aux dérivés de crédit ne s’effectuera plus sur la base du montant notionnel brut et sera plafonnée au niveau de la perte potentielle maximum encourue. Il s’agit là d’un point positif pour les banques européennes car les normes comptables IFRS auraient conduit à une dégradation artificielle de leur ratio de levier par rapport à leurs concurrentes américaines.

Ratio de solvabilité.

Ces décisions ont été bien accueillies par les professionnels du secteur qui s’inquiètent que les nouvelles normes Bâle III ne pénalisent excessivement l’activité de crédit en voulant renforcer la solidité des banques. La principale disposition du nouveau référentiel prévoit que les fonds propres « durs » (le « Common Equity Tier 1 », principalement composé des actions ordinaires et des réserves) doivent représenter 4,5 % des actifs pondérés du risque, contre 2% sous Bâle II. « La qualité des fonds propres, tant ceux de base que les titres hybrides, a beaucoup augmenté et les banques sont aujourd’hui deux à trois fois plus capitalisées qu’avant la crise », souligne Thibault Douard, analyste chez Tikehau IM. Comme sous Bâle II, les banques ont en effet l’obligation de constituer deux strates de capital supplémentaires composées de titres hybrides dits « Tier 1 » et « Tier 2 », de respectivement 1,5 % et 2 % des actifs pondérés. Le ratio de solvabilité global, de 8 %, sera en outre complété d’ici à 2019 par un « coussin de sécurité » supplémentaire de 2,5 % de fonds propres « durs ».