L'AFG veut créer un livret pour financer les entreprises

Réjane Reibaud
Ce produit d'épargne apporterait, en plus des initiatives publiques, de nouvelles ressources aux PME pour se relancer.

Ne pas favoriser le développement des entreprises uniquement par de la dette. C'est le combat pour lequel l’Association française de la gestion financière (AFG) se veut en pointe en cette période de crise pour les PME françaises. Selon les informations de Newsmanagers (groupe L'Agefi), l'AFG est en effet en discussions avec le ministère de l’Economie sur différentes propositions visant à aider les entreprises françaises à passer le cap.

L'AFG demande notamment un déplafonnement du plan d'épargne en actions (PEA), mais aussi la création d'un nouveau livret d'épargne, baptisé Cedres.

«Il s'agirait d'un livret permettant d'investir de façon diversifiée avec un minimum de 50% en actions européennes cotées et non cotées. Cela permettrait de renforcer les fonds propres des entreprises avec un univers d'investissement long, autour de huit ans, avec en contrepartie une fiscalité attractive sur les droits de succession ou sur les plus-values par exemple», détaille une source proche.

Contrairement à d'autres livrets, il ne serait pas géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC). «Il faut laisser les initiatives à l'ensemble des intervenants, pas seulement au système para-étatique même s'il a fait un travail formidable pendant cette crise», explique la source.
Géré en dehors de la sphère parapublique

L'idée de l'AFG serait que ce livret pourrait être ouvert dans une banque et géré par l'épargnant lui-même en direct ou serait confié à une société de gestion.

La proposition de l’AFG intervient alors que des initiatives ont été lancées pendant la crise pour apporter les ressources dont les entreprises auront besoin à la fois pour surmonter le manque à gagner créé par le confinement et relancer leur activité. La CDC a ainsi annoncé en avril la réactivation, au côté de grands assureurs français, des fonds Nova, Novo et Novi créés entre 2012 et 2015 pour financer, en fonds propres ou en dette, des PME et ETI cotées et non cotées.​

Ces fonds doivent être rechargés à hauteur d’un milliard d’euros et un nouveau compartiment sera créé pour le secteur de la santé. Les premiers investissements sont espérés dans le courant de l’été.