La richesse mondiale en bonne forme mais les millenials à la peine

Dans son "Global Wealth Report", Credit Suisse Research Institute note que depuis l’an 2000, le nombre de millionnaires dans le monde entier a augmenté de 170%, tandis que les effectifs du segment des « Ultra-high net worth individuals » ont quintuplé.
Plusieurs causes comme le durcissement du crédit ou la hausse de l'immobilier ont cependant pénalisé la génération des millenials.

Sans parler de génération sacrifiée, les millenials n’en sont pas moins une génération moins chanceuse que les autres en en matière de constitution de patrimoine. Tel est le constat du « Global Wealth Report », le dernier rapport du Credit Suisse Research Institute. En cause, le durcissement des conditions d’octroi de crédits, la hausse des prix de l’immobilier, l’accroissement des inégalités de ressources et le recul de la mobilité des revenus. « Ces facteurs freinent l’accumulation de richesse par les jeunes travailleurs et épargnants dans de nombreux pays », explique Crédit Suisse Research Institute. Quelques chiffres sont particulièrement probants. Aux Etats-Unis, le patrimoine moyen des personnes âgées de 30-39 ans (72 400 dollars) en 2017 était de 46% inférieur à celui dont disposaient au même âge les personnes aujourd’hui âgées de 40 à 49 ans (134 800 dollars).
A titre de comparaison, l’Europe fait preuve de stabilité avec une croissance de 6,4% en phase avec la progression de la richesse mondiale. Quatre pays de la zone euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) représentent 20% de la progression totale de la fortune mondiale (3,1 milliards de dollars). Et le top 10 de la richesse par adulte en 2017 inclut quant à lui cinq pays européens: la Norvège, le Danemark, la Belgique, le Royaume-Uni et la France. Reste que ce sont les États-Unis qui s’affichent en tête des progressions de la fortune mondiale. Ils ont réussi à ajouter 8,5 milliards de dollars à la richesse mondiale, soit la moitié du gain total sur les douze derniers mois, principalement grâce aux actifs financiers.

En tendance, Credit Suisse Research Institute pointe que depuis l’an 2000, le nombre de millionnaires dans le monde entier a augmenté de 170%, tandis que les effectifs du segment des « Ultra-high net worth individuals » (UHNWI) ont quintuplé. Ils affichent donc la croissance la plus rapide. Mais alors qu’en 2000, pas moins de 98% des millionnaires étaient concentrés dans les pays développés, depuis, 23,9 millions de « nouveaux millionnaires» se sont ajoutés à ce total, dont environ 2,7 millions – 12% du total des ajouts – en provenance des pays émergents.

Pour les cinq prochaines années, toujours selon le rapport, la fortune mondiale devrait continuer de croître au même rythme que durant la deuxième partie de la décennie (3,9% prévus et 3,8% enregistrés sur les 5 dernières années), malgré un taux inférieur à l’estimation antérieure de 5,4%, indique Crédit Suisse. « Sur la base de cette révision, la fortune mondiale devrait atteindre 341 milliards de dollars d’ici à 2022 », note un communiqué qui précise que les économies émergentes généreront de la fortune à un rythme plus rapide que les marchés développés. Pour atteindre une part de 22% de la fortune mondiale dans cinq ans et ce, en dépit d’un rythme plus lent que prévu. A noter que la Chine sera la contributrice la plus forte, avec une augmentation d’environ 10 milliards de dollars, soit un gain de 33%. Ces bonnes perspectives vont plus profiter au segment des millionnaires dont la population devrait s’accroître de 22%, - de 36 millions de personnes aujourd’hui, ils passeraient à 44 millions en 2022.

Dans le détail des actifs, la richesse non financière va légèrement surperformer la fortune financière, d’environ 1% par an au cours des cinq prochaines années, indique Crédit Suisse. L’endettement devrait également progresser plus rapidement que la fortune financière comme non financière. En chiffres, la dette des ménages devrait s’accroître de 37% dans les cinq prochaines années, pour atteindre 15% de la fortune brute