La première émission de dette de l’UE est sur les rails

Xavier Diaz
L’Union européenne doit finaliser ce mardi le placement de sa première obligation pour le financement du plan NextGenerationEU.

C’est parti pour le programme de financement du plan de relance européen. La première émission obligataire de NextGenerationEU (NGEU) doit être bouclée ce mardi. L’Union européenne (UE) a opté pour une première maturité à 10 ans, permettant d’attirer un maximum de demande, pour un montant probable de 10 milliards d’euros. Deux autres émissions sont déjà prévues d’ici la trêve estivale, sans doute fin juin et mi-juillet.

80 milliards d’euros cette année

Après des mois de tergiversations, les vingt-sept Etats membres de l’UE ont entériné fin mai l’émission de dette commune, donnant le véritable coup d’envoi à NextGenerationEU et à son financement. L’UE doit émettre cette année 80 milliards d’euros sur les 800 milliards (aux prix actuels) du plan qui seront financés au cours des cinq prochaines années, soit 150 milliards chaque année, sur des maturités s’échelonnant entre 3 ans et 30 ans avec une duration maximum de 17 années.

Elle procédera via des syndications bancaires comme ce mardi ou des adjudications à partir de septembre. Un tiers du programme sera au format green bond. Il est également prévu des émissions de titres de créance à moins d’un an, entre 15 et 30 milliards d’euros cette année, selon les estimations des banques, afin de gérer les écarts entre les financements de long terme et les décaissements aux Etats membres.

Prime d’émission intéressante

«Toutes les conditions sont réunies pour que cette émission soit réussie, note Matthieu de Clermont, gérant obligataire chez Allianz GI. La courbe de l’Union européenne a récemment sous-performé les courbes euro et la prime offerte à l’émission devrait être intéressante». Le marché avait anticipé cette opération et l’attendait après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE). Compte tenu de ces anticipations et du montant élevé que doit émettre l’UE cette année, sa courbe obligataire, constituée principalement des obligations émises dans le cadre du programme SURE, a sous-performé de 2-3 points de base (pb) ces dernières semaines, rendant un peu plus intéressante pour les investisseurs cette première transaction dans le cadre de NGEU.

L’indication de prix initiale est de 1 pb au-dessus des midswaps. La dernière émission de l’UE dans le cadre du programme SURE (90 milliards d’euros émis) proche de cette maturité (échéance 2029) avait été placée sur la base d’un spread de 2 pb en-dessous des midswaps. Même si la forte demande entraîne un resserrement de la prime, elle devrait rester substantielle par rapport au prix de l’obligation avril 2031 (midswaps -8 pb). «Même si cette émission peut ne pas être intéressante pour certains en termes de duration, elle le sera en valeur relative», affirme le gérant d’AllianzGI. Ce type de maturité est surtout demandée par les trésoriers de banques et les banques centrales.

BNP Paribas, DZ Bank, HSBC, IMI-Intesa San Paolo et Morgan Stanley sont chefs de file. Danske Bank et Santander co-chefs de file.