Pierre-papier

La performance des SCPI toujours au rendez-vous

Alors que la collecte a dévissé en 2018, le taux de distribution moyen affiche une relative stabilité
Le marché devrait peu bouger cette année, dans l’environnement actuel des taux
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Le taux de distribution sur valeur de marché (TDVM) des SCPI a baissé de huit points de base sur un an, à 4,35 % en 2018, selon l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim). Sur dix ans, de juin 2008 à décembre 2018, la performance globale annualisée des SCPI atteint 6 %, avec une volatilité réduite à 4,4 %. « On a le sentiment qu’on est arrivés à un point bas en termes de rendements. Les SCPI qui ont augmenté leur dividende sont celles positionnées sur des marchés porteurs : Paris et région parisienne, grandes métropoles ou international », analyse Julien Ribes, fondateur de MySCPI.com.

Chute de collecte. Les SCPI ont sensiblement moins fait le plein que l’an passé. La collecte enregistre un recul de près de 20 % (19,4 %) par rapport à 2017, année caractérisée par un volume d’investissement « hors norme » selon l’Aspim. Sur l’année écoulée, 5,11 milliards d’euros ont été souscrits par les épargnants, contre six milliards un an auparavant. Dans le détail, les SCPI bureaux ont réalisé un peu plus de la moitié de cette collecte devant les SCPI diversifiées (21 %), les SCPI spécialisées (16 %), les SCPI commerces (7,5 %) et les SCPI immobilier résidentiel (2,6 %). Une dégringolade expliquée par plusieurs facteurs : « L’effet de l’IFI a pas mal joué, côté épargnants, mais les compagnies d’assurance ont aussi calmé le jeu, par crainte d’un retournement du marché et en raison de positions déjà importantes en immobilier pour certaines. Ce retournement ne semble pourtant pas près d’arriver, tant qu’on a des taux aussi bas », commente Julien Ribes.

Un nouveau palier franchi. La capitalisation a néanmoins dépassé le seuil symbolique des 50 milliards d’euros en novembre dernier, atteignant 55,38 milliards d’euros exactement à la fin 2018, en hausse de 10,1 % sur un an selon l’Aspim. « Cette capitalisation se concentre autour des SCPI immobilier d’entreprise (51,60 milliards d’euros) auxquelles s’ajoutent les SCPI immobilier résidentiel (3,78 milliards deuros) », selon l’association. En 2018, les SCPI ont réalisé en Europe 6,2 milliards d’euros d’acquisitions en 2018, pour 852 millions d’euros de cessions. Les bureaux représentent toujours la première typologie d’actifs à l’acquisition (64 %) devant les commerces (17 %). Parmi les autres catégories, les centres de santé dominent (6 %) devant l’hôtellerie (4,5 %), le résidentiel (4,1 %), les locaux d’activités et entrepôts (2 %). Autre indicateur de la santé du secteur : le taux d’occupation financier (TOF) des SCPI de rendement, qui s’est établi en moyenne à 90,54 % au 31 décembre 2018, contre 90,38 % un an auparavant, selon les données de MeilleureSCPI.com. « C’est le meilleur TOF depuis 2015 », se félicite Jonathan Dhiver, cofondateur du site, qui y voit l’effet du Brexit.

Prévisions. La tendance devrait se poursuivre en 2019, avec une possible baisse du DVM de quelques centimes à la clé. « Les perspectives sont plutôt stables, on devrait avoir une année 2019 assez similaire à l’année passée, analyse Sigrid Duhamel, CEO France de BNP Paribas Real Estate. En termes de collecte, on devrait être au-dessus de la moyenne de ces cinq à dix dernières années ». La conjoncture internationale reste toutefois à surveiller. « Nous ne sommes pas dans un environnement spéculatif, mais il faudra être attentif à la fin du Quantitative Easing, dont l’impact n’est pas encore visible, à la fin 2019 », ajoute la responsable. « Nous devrions aussi assister à de belles revalorisations cette année », conclut Julien Ribes.