Entretien avec Raymond Leban, président de CGPC

« La gestion de patrimoine doit évoluer »

Le président de l'Association des conseils en gestion de patrimoine certifiés (CGPC), xxxxx
xxxxxx xxxxxxxx xxxxxxxx
Raymond Leban, président, jury du Grand Prix et Association des conseils en gestion de patrimoine certifiés
L'Agefi Actifs. - Question habituelle pour un président du jury du Grand prix, comment jugez-vous le millésime 2018 ?
Raymond Leban. - L’examen de certification est constitué d’un ensemble d’épreuves exigeantes. 
Nous nous félicitons donc du taux de réussite, qui avoisine les 76 %. Nos postulants ont, comme les autres années, rencontré quelques difficultés avec la partie juridique des connaissances qui leur sont demandées et qui sont critiques pour l’élaboration de vraies stratégies patrimoniales : les efforts de formation dans ce domaine méritent d’être renforcés. 
Les résultats sont en revanche remarquables en protection sociale, peut-être parce que la majorité des candidats opère dans le secteur de l’assurance...
Au total, le millésime 2018 « pré-nouvelle ère réglementaire » est très bon. Je dis pré-nouvelle ère réglementaire car l’année prochaine, nous verrons comment nos candidats assimilent les nouveaux principes de bonne pratique que les législateurs et les régulateurs ont concoctés pendant presqu’une décennie.
 
L’année dernière a été importante pour CGPC avec la certification CFP/CGPC inscrite dans le répertoire national des certifications professionnelles au niveau master. Quelles perspectives ouvre cette reconnaissance ?
Cette reconnaissance académique de la certification CFP/CGPC est signe du haut niveau des connaissances requises et vérifiées chez nos certifiés, signe particulièrement bienvenu quand on lit quelles sont les exigences tant de MIF 2 que de la DDA en matière de compétences des conseillers financiers. Elle est de particulière importance pour les praticiens qui ont acquis leurs lettres de noblesse professionnelles sur le terrain et se voient donner la possibilité d’être « hautement diplômés », grâce à la validation des acquis de l'expérience.
Le domaine de la reconnaissance académique est par ailleurs tel qu’il procure les capacités professionnelles utiles au métier de CGP, de celle d’être CIF à celle d’effectuer des transactions immobilières en passant par l’intermédiation d’assurance et les opérations de banque : diplôme et capacités professionnelles, et de deux !
Enfin, la reconnaissance académique accordée à notre certification souligne sa différence, « son plus », par rapport à un diplôme : alors que le diplôme est acquis une fois pour toutes, la certification n’est conservée qu’au prix d’une formation continue qui est une garantie de sérieux, de pertinence, pour le client et, certainement, une source de sécurité et un argument de différentiation pour le certifié. Et de trois !
Au total, la reconnaissance de notre certification lui ouvre bien entendu des perspectives de développement nouvelles.
 
Le Grand prix s’est étoffé avec la présence de deux nouvelles distinctions. Est-ce une façon de reconnaître que le monde des CGP s’est profondément bouleversé ?
La première distinction concerne les meilleurs certifiés spécialisés, qui se trouvent être cette année des conseils en protection sociale certifiés. Ces certifications spécialisées ont une valeur en soi, pour celles ou ceux qui veulent pouvoir offrir un conseil spécialisé. Elles peuvent aussi constituer des marches de l’escalier menant à la certification globale CFP de CGPC.
La deuxième distinction va au meilleur CGP indépendant. Nous avons voulu distinguer l’effort particulier que les indépendants doivent faire pour préparer et obtenir leur certification, par rapport à des conseillers salariés qui sont préparés par leur entreprise dans des conditions moins tendues.
 
Pour 2018, quels sont les chevaux de bataille de la CGPC ? 
La gestion de patrimoine doit évoluer et évolue actuellement face à des changements non seulement sociétaux et économiques, mais aussi technologiques (avec la montée en puissance des outils numériques d'aide au conseil) et réglementaires (le paquet européen de directives MIF/DDA parle notamment d'un devoir de conseil adéquat et oblige à des process de suivi de la clientèle rigoureux). CGPC a une vision positive de ces changements profonds, qu’il voit comme autant d'aubaines pour des conseillers agiles soucieux de mieux satisfaire les clients épargnants, comme des occasions de formation continue permettant de se renouveler, comme des opportunités de revisiter les process dans le sens de l'efficacité. Nous voulons accompagner nos adhérents certifiés dans leur prise en compte à travers des réflexions menées avec l’aide des grands groupes qui participent à la vie de l’association des CGPC, des études approfondies d’outils techniques numériques d’aide au conseil (fintechs et regtechs) et des formations dans tous les domaines qui changent.