La Fed ne craint pas la surchauffe

La Rédaction, avec Agefi-Dow Jones
Les menaces de remontée des taux ou de ralentissement des rachats d’actifs ont été momentanément écartées par la banque centrale américaine. Les marchés apprécient.

La croissance n’est pas un problème. L’inflation non plus. Mercredi soir, la Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé ses taux directeurs inchangés et n'a pas modifié non plus son programme de rachats d'actifs à l'issue de sa réunion de politique monétaire. Ce statut quo, s’il était attendu, a été accompagné de l’assurance que la banque centrale maintiendrait durablement une politique accommodante. Et cela malgré des prévisions de croissance d’emploi et d’inflation revues à la hausse. «La Réserve fédérale s'est engagée à utiliser sa gamme complète d'outils pour soutenir l'économie américaine en cette période difficile», assure la banque centrale. Les marchés lui font confiance. Immédiatement après ces annonces, Wall Street a gagné 1%, finissant dans le vert à 0,29%, alors qu’avant cela l’indice restait en territoire négatif.

Croissance américaine de 6,5% en 2021

Selon la Réserve fédérale, les Etats-Unis devraient afficher une croissance de 6,5% en 2021, contre une précédente prévision de 4,2% présentée en décembre. Concernant l’emploi, la Fed s’attend à désormais à un taux de chômage de 4,5% fin 2021, contre une prévision de 5% auparavant.

La prévision d'inflation sous-jacente pour 2021 a également été relevée à 2,2%, au lieu de 1,8% précédemment, dépassant ainsi son objectif de 2%. Toujours selon l’institution, la hausse des prix devrait cependant revenir vers ce niveau en 2022, avant d’atteindre 2,1% en 2023. «Nous pourrions assister à des pressions inflationnistes si la consommation rebondit rapidement à mesure que l'économie rouvre. Mais ces hausses ponctuelles des prix auront probablement un effet transitoire sur l'inflation», a déclaré le président de la Fed, Jerome Powell, lors d'une conférence de presse.

«No tapering»

Le président de la Fed a aussi rassuré les marchés sur un possible ralentissement des rachats d’actifs, le jugeant prématuré. Il rejoint les déclarations répétées des gouverneurs assurant qu’ils continueraient leurs rachats d'actifs tant que l'économie ne se rapprochera pas du plein emploi et de l'objectif d'inflation de 2% par an en moyenne. «Ces achats d'actifs contribuent au bon fonctionnement du marché et à des conditions financières accommodantes, soutenant ainsi le flux de crédit vers les ménages et les entreprises», a déclaré la Fed dans un communiqué.

La banque centrale justifie ses décisions par le fait que la crise sanitaire actuelle continue de peser sur l'activité économique, l'emploi et l'inflation. Cela implique donc «des risques considérables» pour les perspectives économiques. «La trajectoire de l'économie dépendra dans une large mesure de l'évolution du virus, y compris des progrès en matière de vaccination», indique la banque centrale.
Niveau de taux inchangé depuis mars 2020

Les taux des fonds fédéraux restent donc entre 0 et 0,25%, un niveau qui avait été fixé en mars 2020 en réaction à la crise sanitaire. La Fed continuera aussi à se livrer à 120 milliards de dollars de rachats obligataires par mois, dont 80 milliards de dollars d'obligations du Trésor.

Les interrogations de certains opérateurs de marché concernant la hausse des taux longs subsistent. Ce mouvement pourrait en effet pousser la Fed à les relever plus rapidement de prévu. Cependant, la communication d’hier montre que la banque centrale reste sereine et écarte pour l’heure tout scénario de surchauffe.