Marchés d'actions

La Bourse japonaise bondit malgré un PIB décevant

Après un début d'année difficile, le Nikkei a clôturé mardi en hausse de 3,13%. La Banque du Japon a prolongé ses facilités de prêts bancaires après la croissance décevante du quatrième trimestre.
Shinzo Abe
Bloomberg, Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, au Parlement de Tokyo

Bien que les chiffres de la croissance publiés lundi 17 février se soient révélés décevants, la Bourse japonaise a engrangé plusieurs séances consécutives de hausse. Mardi, elle a notamment clôturé sur un gain de 3,13 %, à 14.843,24 points. Face au ralentissement de la croissance, les espoirs des investisseurs de voir la Banque du Japon (BoJ) augmenter son soutien à l’économie se sont en effet matérialisés, puisque la banque centrale a annoncé le 18 février l’extension de plusieurs programmes destinés à faciliter les prêts bancaires.

Ce rebond du Nikkei intervient après un début d’année compliqué. Si les turbulences liées aux inquiétudes sur la santé des économies émergentes ont affecté toutes les grandes places boursières, Tokyo a enregistré les plus fortes pertes en janvier, avec un plongeon de 8,45 %. L’aversion pour le risque a en effet engendré une nette réappréciation du yen face au dollar, ce qui a fortement pesé sur les nombreuses valeurs exportatrices qui composent le Nikkei.

Croissance de 0,3 % au quatrième trimestre

Ressortie nettement inférieure aux attentes du consensus, qui tablait sur une croissance de 0,7 % au quatrième trimestre 2013, la progression de 0,3 % du PIB publiée lundi a conduit la BoJ à prolonger d’un an ses trois programmes de facilité de prêts au secteur bancaire. Les enveloppes de deux d’entre eux ont par ailleurs été doublées. La BoJ a également maintenue en l’état son programme de quantitative easing (« assouplissement quantitatif ») annoncé en avril 2013, qui vise à doper la croissance et faire remonter l’inflation à 2 % d’ici 2015 via des achats d'actifs annuels de 60.000 à 70.000 milliards de yens (425-500 milliards d'euros).

Ces annonces ont profité aux valeurs bancaires et conduit le yen à se déprécier sur le marché des changes, à environ 102,45 yens pour un dollar ce mardi. Après avoir touché le 2 janvier son plus bas niveau face à la monnaie américaine depuis octobre 2008 (105,44 yens pour un dollar), le yen avait vivement rebondi pour engranger jusqu’à 4,6 % face au billet vert début février (100,76 yens pour un dollar).

Potentiel de hausse de 50%

Malgré la volatilité constatée en ce début d’année, la plupart des experts demeurent positifs quant aux perspectives offertes par les marchés boursiers japonais. Après un très bon millésime 2013, qui s’est soldé par une envolée de 56,7% du Nikkei, les spécialistes d’Union Bancaire Privée estiment en effet que la place de Tokyo conserve un potentiel de hausse de 40% à 50% à moyen terme. Le marché japonais devrait ainsi être « soutenu par une amélioration des fondamentaux et par les réformes du Premier Ministre japonais Shinzo Abe », explique Cédric Le Berre, Multi-Management & Fund Research chez UBP. Le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, a notamment déclaré, dimanche 16 février, que le gouvernement demeure déterminé à réduire le taux d'imposition des sociétés afin d'accroître la compétitivité des entreprises nippones. Afin d’amortir les effets de la hausse de la TVA qui interviendra en avril, le gouvernement japonais a par ailleurs annoncé en décembre qu’il prépare un nouveau plan de relance d’environ 18.000 milliards de yens (134 milliards d'euros).

Cet environnement monétaire et budgétaire favorable a conduit Fidelity à maintenir sa surpondération sur le marché d’action japonais au détriment des marchés européens en février. Selon les spécialistes de Pictet AM, la place de Tokyo devrait enfin bénéficier du changement de comportement des investisseurs domestiques. « Alors qu’une approche d’allocations d’actifs extrêmement hostile au risque était parfaitement appropriée durant les interminables années de déflation, elle ne se justifie plus dans un environnement en passe de devenir inflationniste », expliquent-ils.