La Banque de France mise sur un reflux de l’inflation vers les 2%

Valérie Venck
L'institution voit le PIB progresser de 3,6% l'an prochain après 6,7% en 2021.

La Banque de France (BdF) a annoncé dimanche relever sa prévision de croissance pour 2021 à 6,7%, comme indiqué précédemment par son gouverneur, François Villeroy de Galhau, après un «fort rebond économique au troisième trimestre». Les précédentes projections, publiées en septembre, tablaient sur une croissance en France de 6,3% en 2021. Pour 2022, la banque centrale anticipe cependant une croissance de 3,6%, contre 3,7% attendus précédemment.

L'inflation, pour sa part, devrait atteindre un sommet, autour de 3,5%, en décembre avant de refluer progressivement sous les 2% d'ici à la fin 2022. En 2023 et 2024, la hausse des prix à la consommation devrait s'établir respectivement à 1,5% et 1,6%.

L'institution souligne toutefois que l'incertitude entourant l'évolution des prix reste élevée. «A court terme, le pic d’inflation pourrait se prolonger si les tensions actuellement observées sur les prix des intrants dans la production duraient plus longtemps que prévu ou si les prix de l’énergie augmentaient à nouveau. A moyen terme, la trajectoire de l’inflation dépendra de la transmission des hausses de prix aux salaires, et réciproquement», a noté la BdF.

En raison des tensions sur les approvisionnements et de la recrudescence de la pandémie de Covid-19 en France, la reprise économique devrait être plus modérée au quatrième trimestre 2021 et au premier trimestre 2022 qu'au cours de la période allant de juillet à octobre, a précisé la BdF. Elle mise sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,6% et de 0,2% respectivement pour ces deux périodes, à comparer à 3% au troisième trimestre.

L'économie devrait mieux se porter en 2023 qu'indiqué précédemment, la BdF ayant relevé sa prévision de croissance pour cette année-là de 1,9% à 2,2%. «Le rebond, en partie décalé dans le temps dans le contexte actuel, se poursuivrait encore à cet horizon», estime-t-elle.

«En 2024, l’activité retrouverait une croissance plus habituelle et en ligne avec sa tendance de long terme», à 1,4%, a précisé l'institution. «On retrouverait un défi structurel de l'économie française : son trop faible niveau de croissance potentielle, en moyenne dans la durée, a reconnu dimanche François Villeroy de Galhau dans un entretien aux Echos. La France connaîtrait en 2024 une croissance de 1,4 % seulement, proche de sa croissance potentielle qui est comprise entre 1 % et 1,5 %. C'est clairement insuffisant. »