Jean Castex esquisse les contours du plan de relance à 100 milliards

La rédaction
L'industrie captera 40 milliards d'euros, dont une partie liée à l'allègement des impôts de production.

Le nouveau Premier ministre Jean Castex a dévoilé mercredi lors de son discours de politique générale les contours du futur plan de relance de l’économie française, de 100 milliards d'euros, prévu pour la rentrée. Lors de son interview du 14 juillet, le président Emmanuel Macron avait évoqué cette enveloppe, en sus des engagements de 460 milliards d’euros – en majorité constitués de garanties publiques – pris pour amortir le choc du confinement.

«Il faut transformer notre appareil productif. Notre industrie s’est affaiblie», a souligné Jean Castex, en ajoutant «que nous sommes aujourd’hui trop dépendants de nos partenaires extérieurs et insuffisamment présents sur certains secteurs stratégiques». Pour «que cela change», le gouvernement a prévu de consacrer 40 milliards d’euros à l’industrie. Cet effort passera notamment par un allègement des impôts de production en France, a confirmé le locataire de Matignon. L’idée d’une baisse de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), à hauteur de 6 milliards d’euros, circule depuis plusieurs jours, mais la question de la compensation du manque à gagner pour les collectivités territoriales reste à régler.

La rénovation thermique des bâtiments et le développement des technologies vertes absorberont pour leur part 20 milliards d’euros. Ce volet sera lancé dès début septembre, après concertation avec les partenaires sociaux et les collectivités territoriales. Les aides à l’activité partielle dans les secteurs les plus affectés par la baisse des carnets de commandes devraient quant à elles atteindre 8 milliards en 2021, après un coût estimé à 30 milliards cette année.

Les entreprises aidées «seront invitées à une stricte modération dans la distribution des dividendes, comme cela a déjà été le cas pendant la crise sanitaire», a prévenu Jean Castex. L’Etat sera aussi «très exigeant sur les conditions de traitement des sous-traitants». La question du «partage de la valeur» et la «relance de la participation et de l'intéressement» dans les entreprises devront être discutées.

Les investissements dans la santé (6 milliards), la formation (1,5 milliard) et la recherche publique (25 milliards sur 10 ans) complètent l’inventaire.

La semaine dernière, les économistes du Conseil d’analyse économique (CAE), chargés de conseiller le Premier ministre, avaient proposé un plan de relance de 50 milliards d’euros pour l’économie française.