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Hausse, baisse, sur-place ? Dix risques et opportunités pour 2021

2021 : année d’espoir ou nouvelle année de souffrances ? Alicia Levine et Liz Young, membres de l’équipe « Global Economics and Investment Analysis » de BNY Mellon Investment Management, présentent leur point de vue sur les principaux risques et opportunités des 12 prochains mois.

Cinq risques d'investissement potentiel

Risque 1 : Le résultat de l'élection sénatoriale du 5 janvier en Géorgie pourrait modifier la dynamique du marché. À ce stade, le marché anticipe un gouvernement divisé (les républicains conservent la majorité au Sénat). Dans le même temps, les plateformes de paris prévoient un scrutin plus serré. Si les démocrates devaient gagner les deux sièges de la Géorgie, le Sénat serait partagé entre les deux partis à 50/50, avec une voix prépondérante pour le vice-président. Dans ce scénario, de fortes hausses d'impôts touchant les affaires, le capital, les dividendes, les transactions financières et les petites entreprises sont envisageables. D'autre part, les dépenses budgétaires pourraient approcher 2 000 milliards USD pour l'aide dans le cadre de la lutte contre la pandémie et 1 000 milliards USD pour les infrastructures. Dans les deux cas, les rotations sectorielles pourraient s’avérer intenses.

Risque 2 : Le déploiement du vaccin pourrait connaître des ratés. En effet, la vaccination de masse présente de nombreux défis logistiques, notamment la fabrication de quantités suffisantes au cours des six prochains mois. Le marché anticipe une normalisation du commerce cyclique d'ici l'été 2021. Tout signe indiquant que ce calendrier est trop ambitieux pourrait susciter une certaine volatilité.

Risque 3 : Le plan de relance budgétaire pourrait être encore retardé. Aux États-Unis, le marché du travail ralentit et de nombreux chômeurs ne seront plus couverts en janvier prochain. Il convient d’engager des dépenses budgétaires dès à présent, avant que le marché du travail ne soit marqué par des séquelles permanentes, d'autant plus que certains États commencent à restreindre l'activité afin de ralentir la propagation de l’épidémie de Covid-19. Un Sénat républicain accepterait probablement un compromis sur un plan de relance d'environ 1 000 milliards USD. Étant donné son arrivée tardive, ce plan pourrait toutefois être jugé insuffisant.

Risque 4 : La mondialisation pourrait subir des revers. Le conflit avec la Chine, jusqu’ici axé sur le déficit commercial et les droits de douane, pourrait se transformer en un affrontement plus existentiel englobant les questions de sécurité. L'Europe et l'Asie se verraient alors contraintes de choisir entre les sphères d'influence américaine et chinoise. En outre, l’émergence d’une forme de nationalisme en matière de chaîne d'approvisionnement pèserait sur les perspectives de bénéfices des entreprises.

Risque 5 : Les marchés pourraient revenir à la case départ. Après des mouvements de cours extrêmes en fin d’année, nous pourrions assister à une répétition de la correction de 2019 au début de l’année prochaine. De mauvais chiffres sur le front du Covid-19 pourraient freiner la reprise, provoquant une nouvelle ruée sur les titres technologiques et les valeurs de croissance, sur fond d’aversion au risque.

Cinq opportunités potentielles

Opportunité 1 : L’épidémie de Covid-19 pourrait être définitivement maîtrisée. Il est possible que le programme de vaccination s’avère plus efficace que prévu. Parallèlement à l’arrivée potentielle du vaccin en une seule injection de Johnson & Johnson au premier trimestre, une efficacité de 90% pour les divers vaccins permettrait d'obtenir une immunité collective plus rapidement qu’anticipé. Si tel était le cas, les économies de l'Europe, du Royaume-Uni et des États-Unis en seraient les principales bénéficiaires.

Opportunité 2 : L’univers des opportunités d’investissement pourrait s’agrandir. Un dollar faible et une reprise cyclique mondiale pourraient soutenir l'Europe et l'Asie. L'Europe pourrait tirer parti d'une augmentation des dépenses budgétaires, tandis que l'Asie bénéficierait d'une meilleure gestion de l’épidémie que le reste du monde.

Opportunité 3 : Nous pourrions revenir aux Années folles. Tous les pays développés ont eu des taux d'épargne exceptionnellement élevés pendant la pandémie. Si de nombreux gouvernements ont mis en place un soutien budgétaire important au printemps 2020, il était très difficile de faire des achats. Un protocole de vaccination efficace pourrait entraîner une augmentation des dépenses et la demande latente pourrait relancer l'économie mondiale. Les gens pourraient massivement renouer avec leurs habitudes de voyage et de rencontres, ne regardant pas à la dépense pour célébrer la fin de la pandémie. 

Opportunité 4 : Les inégalités pourraient reculer. La relance budgétaire et le regain d'activité économique – associés à la reprise du segment des petites entreprises – pourraient contribuer à combler le fossé entre les « nantis » et les « démunis ». Les petites et moyennes capitalisations pourraient se redresser en conséquence et bénéficier de la reprise cyclique et de l’appétit pour le risque des investisseurs.

Opportunité 5 : L'inflation pourrait rester faible. En dépit des mesures de relance budgétaire et monétaire massives, l'inflation pourrait rester modérée. Les banques centrales pourraient renforcer leur politique d’assouplissement quantitatif ou acheter des échéances plus longues, afin de maintenir les rendements à un niveau bas. Après un plongeon extrêmement sévère l’année précédente, aucune banque centrale ne voudrait risquer d’étouffer une reprise cyclique naissante. Un tel scénario donnerait libre cours à l’optimisme des investisseurs.

Les niveaux d'épargne élevés montrent qu’une demande latente significative soutiendrait une reprise continue

L’axe des ordonnées représente le taux d’épargne des ménages en %. Données au 30 novembre 2020 pour les États-Unis, au 30 septembre 2020 pour tous les autres pays. Source : Bloomberg.

 

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