Fonds corporate euro

Groupama Asset Management diversifie son offre ISR sur le marché obligataire

La société de gestion lance un fonds d’obligations d’entreprises intégrant des critères ISR dans la conception de son portefeuille. Concentré sur les titres bénéficiant des notations les plus élevées, ce produit est construit sans exclure de secteur particulier.

Longtemps cantonné aux produits exclusivement constitués d’actions, l’investissement socialement responsable (ISR) gagne à ce jour toutes les classes d’actifs. Après avoir développé ces techniques sur la gestion en actions, notamment avec le fonds Euro Capital Durable en 2001, investi sur des actions européennes, Groupama Asset Management lance aujourd’hui le fonds obligataire Groupama Crédit Euro ISR, centré sur des émetteurs privés de la zone euro. Contrairement à beaucoup de gestionnaires qui proposent, sur cette classe d’actifs, des produits dits « buy and hold », consistant à garder les titres en portefeuille jusqu’à leur échéance, Groupama préfère proposer un fonds obligataire plus traditionnel, dont la gestion s’avère active mais ne s’éloigne pas trop de l’indice de l’indice Barclays Capital Euro Credit Corporate.

Critères extra-financiers.

Pour filtrer son univers d’investissement constitué de 400 obligations d’entreprises, Groupama AM utilise, en premier lieu, une méthodologie quantitative propriétaire reposant sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ainsi, une note est attribuée à chaque valeur, et ce quel que soit son secteur. Le fonds fonctionne donc selon le principe de « best-in-class » (meilleur de sa catégorie) et non pas selon le principe d’exclusion.

Pour déterminer cette note, la qualité des entreprises émettrices est mesurée pour chacun des trois critères ESG en utilisant les informations de Vigéo pour le social et l’environnemental et de Risk Metrics pour la gouvernance. Selon les secteurs examinés, l’environnement et le social sont affectés d’un poids variant entre 10 % et 60 %. Pour sa part, la gouvernance est assignée d’une pondération fixe d’un tiers pour tous les secteurs. L’automobile et l’énergie, par exemple, concèdent une place plus importante à l’environnement (42 %) qu’au social (25 %). Toutefois, sur l’ensemble du portefeuille, c’est ce dernier critère qui, au final, présente la pondération moyenne la plus importante.

Bonus/malus.

Cette démarche ISR quantitative utilisée dans ce processus de gestion aboutit au classement des différentes entreprises en quintiles. Un bonus est alors attribué aux sociétés les meilleures de leur secteur et, au contraire, un malus sanctionne les entreprises les moins bien classées. Concrètement, ces bonus et malus correspondent à une prime ou une décote sur les rendements attendus sur ces titres.

« Sur le long terme, nous restons persuadés qu’une prime sera attribuée aux émetteurs qui respectent le mieux les critères ESG », explique Michel Lemonnier, responsable du développement ISR chez Groupama AM. Enfin, le gérant, à partir de ces nouvelles espérances de rendement et des décisions d’un comité ISR composé d’une dizaine de personnes, décide de manière discrétionnaire quels seront les titres qui pourront être intégrés dans le portefeuille.

Approche mixte.

L’approche de Groupama AM sur ce produit est à la fois le fruit de ses allocations macroéconomiques (le processus top-down), mais aussi - et surtout - de ses allocations liées au choix des valeurs prises individuellement (processus bottum-up). Le portefeuille sera constitué d’au moins 75 % de titres de très bonne qualité (l’investment grade, dont la note est supérieure à BBB).

Au final, le gestionnaire quantifie les sources de valeur ajoutée pour son fonds et estime ainsi que la hiérarchisation ESG et les bonus/malus apportent respectivement entre 20 % et 25 % et entre 10 % et 15 % de la valeur ajoutée de son processus de gestion, le solde, c'est-à-dire entre 60 % et 70 %, provenant de sa stratégie purement liée au crédit.