Greenpeace dénonce le greenwashing des banques et gérants suisses

Jean-Loup Thiébaut
Sur 43 entretiens réalisés par l'association seule la moitié d'entre eux a débouché sur une demande spontanée du conseiller de savoir si la durabilité était un élément important pour le client en matière d'investissement.
(Pexels : Rubestein Rubello)

Les banques et fonds suisses éco-blanchiraient plus vert que vert. L'association Greenpeace de Suisse vient de dévoiler les résultats d'une enquête réalisée par 33 de ses militants, qui se sont fait passer pour des clients intéressés par des placements favorables au climat, ce auprès de banques helvétiques. L'objectif était de connaître la qualité du conseil et des fonds de la part de ces établissements concernant les investissements financiers durables et favorables au climat.

Pour ce faire, les militants ont visité 19 banques différentes, dont UBS, Credit Suisse, Raiffeisen, et une multitude de banques régionales. Et le résultat des 43 entretiens fut décevant, selon l'association écologiste. Seule la moitié des entretiens a débouché sur une demande spontanée du conseiller de savoir si la durabilité était un élément important pour le client en matière d'investissement. « La qualité des entretiens de conseil concernant les placements durables est insuffisante chez la plupart des instituts financiers », a ajouté Larissa Marti, experte des questions liées à la Finance et au Climat pour Greenpeace Suisse.

La qualité environnementale des produits proposés n'était pas non plus au rendez-vous. « Aucun des produits de placement recommandés comme favorables au climat ne définit effectivement le respect des objectifs climatiques de l’Accord de Paris comme norme », souligne le communiqué de Greenpeace. Ces produits présentés comme favorables au climat ne le seraient « qu’à peine plus que les placements conventionnels ». Pire, la publicité pour deux produits d’UBS et de Credit Suisse « doit même être qualifiée de mensongère. Ces produits promettent un effet climatique qu’ils ne peuvent pas avoir », alerte l'association.

Greenpeace a conclu son communiqué avec une exigence : « que le Conseil fédéral et le Parlement définissent des critères minimaux pour les investissements qualifiés de durables. Les fonds de placement annoncés comme durables doivent investir dans des activités économiques dont les objectifs de réduction des émissions sont compatibles avec les objectifs climatiques de l’Accord de Paris et une augmentation maximale de la température de l’atmosphère planétaire de 1.5°C ».

Liste complète des établissements visités par Greenpeace :

- Aargauische Kantonalbank
- Banque Alternative Suisse (BAS)
- Bank Avera
- Bank BSU
- Banque Cler
- Basellandschaftliche Kantonalbank
- Basler Kantonalbank
- Berner Kantonalbank
- Credit Suisse
- Graubündner Kantonalbank
- Banque Migros
- PostFinance
- Raiffeisen
- Thurgauer Kantonalbank
- UBS
- Urner Kantonalbank
- Banque Valiant
- VZ Vermögenszentrum
- Zürcher Kantonalbank