Grand écart

L’Europe a bien du mal à passer à la vitesse supérieure depuis quelques années. En France, les élections au Parlement européen du 7 juin prochain risquent fort d’en faire les frais puisque, pour l’heure, les échanges d’idées frisent l’indigence sur ce terrain et que si mobilisation des esprits il y a, c’est encore et toujours sur les conséquences de la crise. Dans le domaine patrimonial aussi, le Vieux Continent peine à avancer. Sans même parler d’une fiscalité où la désunion s’affiche sans détour, ni des difficultés de transposition des directives bruxelloises, c’est sur le fondement des métiers que l’on trouve également des disparités flagrantes. En Espagne, par exemple, malgré la MIF et l’existence d’un organisme de certification professionnelle indépendant, aucun diplôme n’est requis pour exercer le métier de conseiller en gestion de patrimoine : 150.000 indépendants risquent ainsi de devenir à la marge de la légalité ou liés à un tissu bancaire espagnol très resserré. Autre grand écart entre le Royaume-Uni, par exemple, qui exige un diplôme universitaire, et la Hongrie, où seuls cinq jours de formation permettent d’avoir pignon sur rue. Reste que les marchés étant essentiellement nationaux, in fine, ce sont les clients locaux qui sont bien traités ou tout le contraire.