Actions émergentes

Gemway propose un fonds Asie hors Japon

Ce fonds est le deuxième de la société qui compte aujourd’hui plus de 500 millions d’euros d’encours
Le gestionnaire y intègre un produit qui était précédemment géré par Meeschaert AM

Longtemps délaissées par les investisseurs, les actions émergentes reviennent aujourd’hui dans les allocations. Il est vrai que leur performance l’année dernière incite à réfléchir : plus de 35 % de progression pour le MSCI émergent et près de 40 % de hausse pour les seules actions asiatiques hors Japon. Spécialisée depuis sa création en 2012 sur la classe d’actifs des actions émergentes, Gemway Assets a décidé aujourd’hui d’étoffer sa gamme en proposant Gem Asia, un deuxième fonds géré par Bruno Vanier, analyste-gérant principal de GemEquity et président de la société de gestion. Contrairement à son premier produit qui était exposé sur tous les pays émergents, celui-ci sera uniquement investi dans des entreprises d’Asie hors Japon.

La conjoncture semble propice au gérant, car « si les émergents surperforment les autres zones géographiques depuis quelques mois, nous sommes au tout début de leur mouvement de rattrapage vis-à-vis des marchés développés. Ces derniers avaient en effet commencé à surperformer les marchés émergents dès 2011, bien avant l’annonce en 2013 de la Fed de normaliser sa politique monétaire (le tapering) », constate Michel Audeban, directeur général de Gemway Assets, en charge du développement.

Opportunité. Depuis l’origine de la société, le discours de ses fondateurs n’a pas varié. « Tant que nos encours sous gestion ne dépassaient pas 300 millions d’euros, nous voulions nous concentrer sur la gestion d’un seul fonds global sur les émergents », déclare Michel Audeban. Et l’an dernier, le cumul de l’effet performance et de la collecte a fait passer les encours de Gemway d’environ 150 millions d’euros en décembre 2016 à plus de 500 en décembre dernier. « Nous avons donc commencé, explique le professionnel, à partir de l’été dernier, à réfléchir sur le lancement d’un second produit ».

Dans le même temps, Meeschaert, à la suite du départ à la retraite du gérant de son fonds MAM Asian, centré sur l’Asie, était aussi en pleine réflexion sur l’opportunité de recréer une équipe de gestion pour son produit, qui certes présente un historique de performance important, mais ne totalise qu’une trentaine de millions d’euros d’encours.

Partenariat. Finalement, Gemway et Meeschaert ont conclu un partenariat en vertu duquel le fonds MAM Asia de Meeschaert sera un fonds nourricier du nouveau fonds d’actions d’Asie hors Japon lancé par Gemway. Les deux sociétés y trouvent leur compte. Meeschaert n’a pas besoin de de se lancer dans la recherche d’un nouveau gérant et Gemway peut étoffer sa gamme en lançant un nouveau produit avec un capital de départ de 28 millions d’euros. Or « les premiers millions sont toujours les plus difficiles à collecter », explique Michel Audeban.

Pour gérer ce nouveau fonds, Gemway reste fidèle au processus de gestion déjà utilisé pour son produit historique. Le gérant adopte d’abord une approche « top down », c’est-à-dire partant d’une analyse macroéconomique qui lui permet d’optimiser sa stratégie d’investissement et d’élaborer une allocation entre les différents pays et les secteurs sur lesquels il se positionnera en priorité. Ensuite, il se livre à un stock-picking (une sélection de valeur) à partir de l’analyse des fondamentaux des sociétés et des visites qu’il effectue tout au long de l’année. Le gestionnaire estime que l’analyse macroéconomique constitue un tiers de la valeur ajoutée de son processus de gestion tandis que le stock-picking en procure les deux tiers.

Evidemment, de nombreuses sociétés présentes dans son fonds global se retrouvent dans le nouveau produit, car l’Asie représente un peu plus de 70 % de l’allocation du premier. Alors, dans ce cas, pourquoi lancer un nouveau fonds pur sur cette zone géographique ? « Hormis le fait que cela réponde aux besoins des clients de Meeschaert, un fonds uniquement sur l’Asie correspond aux besoins de certains institutionnels qui préfèrent faire eux-mêmes l’allocation au sein des émergents plutôt que de la déléguer à des gérants tiers. Ils privilégient donc des fonds sur des zones bien précises plutôt que des fonds globaux », répond Michel Audeban.