Les portefeuilles types

Féderal Finance

D’une semaine sur l’autre, de grands intervenants de la Place révèlent leur politique d’investissement par classes d’actifs et zones géographiques
Un rendez-vous pendant six mois avec trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs afin de décrypter leurs allocations

Les marchés financiers ont enregistré de belles performances en septembre et octobre 2019. L’action des banques centrales contribue largement à cette bonne tenue des actifs à risques, car les intervenants anticipent une poursuite des soutiens monétaires à l’économie. Sur le plan géopolitique, les nouvelles ont également soutenu les indices : d’une part, le climat des négociations commerciales sino-américaines s’est amélioré ; d’autre part, la mise en place d’un gouvernement pro-européen en Italie, et la possibilité d’un accord entre la Grande-Bretagne et l’Europe sur le Brexit ont été perçus comme très positifs pour la confiance des acteurs économiques et financiers.

Malgré tout, de nombreux risques perdurent. La situation s’est dégradée au Moyen Orient après l’intervention militaire de la Turquie en Syrie, contre les forces Kurdes. Les tensions restent vives entre l’Arabie Saoudite, victime d’une attaque contre ses puits de pétrole, et l’Iran, et les prix de l’or noir restent soutenus par la perspective d’une baisse de la production de l’OPEP. Par ailleurs, Donald Trump a mis en application ses augmentations de taxes sur de nombreux produits en provenance d’Europe. Enfin, le Président américain n’a pas relâché sa pression sur la Chine, en maintenant son projet d’augmentation des taxes en décembre.

Après leur forte baisse de l’été, les rendements des obligations à long terme se sont réajustés à la hausse, notamment en Allemagne et en France. En effet, les investisseurs ont privilégié les placements présentant des rémunérations positives et ont délaissé les placements à taux négatif.

Les indices de confiance des directeurs d’achat se sont stabilisés à des niveaux bas et les entreprises ont publié des résultats globalement supérieurs aux attentes, mais certaines ont émis des « profit warnings » et ont été lourdement sanctionnées (ex. : Renault, Thalès, Nokia, ABinbev, Danone, Publicis…). Les actions « value », délaissées depuis de nombreux mois, se sont redressées et ont rattrapé une partie de leur retard par rapport aux valeurs « growth ». Les belles valeurs de croissance, notamment dans le luxe, continuent néanmoins d’afficher d’excellentes performances.

Dans ce contexte, les expositions de nos portefeuilles sont restées proches de leur positionnement médian. Sur la partie obligataire, nous avons remonté légèrement notre sensibilité aux taux. Malgré une hausse des défaillances, nous maintenons des positions sur le marché du crédit, mais nous les réduisons à la marge, et sommes de plus en plus sélectifs. Nous privilégions, dans la mesure du possible, la dette privée qui offre une prime de risque et de liquidité que nous jugeons particulièrement intéressante. De même, nous avons renforcé nos positions sur la dette émergente qui présente un réel potentiel de valorisation, avec un rendement courant de bon niveau.

Sur les marchés actions, nous sommes revenus proches de la pondération médiane. Les perspectives de résultats pour 2020 nous semblent toujours très optimistes, mais la faiblesse des taux, le rendement relatif des actions et la force tendancielle des marchés nous conduit à rester bien investis. Il nous semble toujours risqué de sortir de ce marché qui bénéficiera de toute amélioration du climat géopolitique.

Sur le plan géographique, nous sommes neutres sur les Etats-Unis et la zone euro. Nous maintenons un intérêt sur le Japon, dont les actions nous semblent sous-évaluées.

Pour nos liquidités, nous continuons à privilégier, quand cela est possible, le cash en dollar (carry trade favorable), et nous maintenons les positions sur l’or pour son caractère de valeur refuge (mines).

 

Principaux points forts :
- soutien des banques centrales
- relâchements budgétaires favorables à la croissance
- liquidités abondantes

Principaux points faibles :
- incertitudes géopolitiques
- taux d’intérêt long terme très bas
- risques de révision à la baisse des résultats

 

Tableau :

Monétaire/cash    
Dollar    =
€    +

Obligataire    

Obligations IG    -
Obligations HR    -
Dette privée    +

Obligations émergentes    +
        
Actions

Euro    =
US    =
Japon    +
Emergents    =
        
Autres    

Or    +
Vol    =