Epargne salariale : le paradoxe de l'investissement responsable

Entre méconnaissance et manque de volonté, l’ISR a encore du mal à séduire épargnants et entreprises.

Il y a ce qu’on dit et ce qu’on fait. En ce qui concerne la place de l’investissement responsable, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La dernière étude de Natixis Interépargne sur l’épargne salariale révèle une méconnaissance flagrante de l’offre d’investissement responsable, aussi bien du côté des salariés que des sociétés. « 43 % des entreprises interrogées ne savent pas si leur dispositif d’épargne salariale comprend un ou plusieurs fonds ISR », nous apprend l’étude. Le constat n’est pas mieux du côté des épargnants : 58 % ne savent pas si un fonds ISR leur est proposé dans leur dispositif d’épargne salariale.

L’étude souligne également un paradoxe : l’appétence des entreprises et épargnants pour l’investissement responsable ne semble pas se traduire en actes. 66 % des entreprises qui ne disposent pas d’un fonds ISR n’envisagent pas de faire évoluer leur dispositif et 58 % des épargnants dont l’épargne n’est pas investie dans un fonds ISR n’envisagent pas d’y investir prochainement.

Pourtant, 8 entreprises sur 10 disent accorder une place importante aux enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance. Une sensibilité forte partagée par les épargnants, puisque 71 % d’entre eux sont préoccupés par les impacts environnementaux, sociaux et éthiques dans leurs décisions de placements.