Epargne : la majorité des Français ne font pas confiance aux conseils financiers

Ils sont pourtant très majoritairement satisfaits de la façon dont sont placées leurs économies.
TheDigitalWay

« I want to break free ». Voilà ce que la moitié des Français pensent face à leur banquier quand le sujet de la gestion de l'épargne arrive sur la table, nous apprend une étude de Yomoni avec Viavoice sur les Français et l'épargne (1). « Une majorité des épargnants considère que leurs intérêts ne sont pas alignés avec ceux de leurs conseillers bancaires, charge Sébastien d'Ornano, président de Yomoni. La raison peut s’expliquer par des objectifs de marge et une faible expertise qui ne permettent pas la diversification et la sélection des meilleurs supports pouvant apporter une réelle performance. Ce qui a fonctionné avec le crédit commence aussi à se passer avec l’épargne. » 73 % des mécontents reprochent en effet à ces professionnels de privilégier les objectifs commerciaux à leurs intérêts et de « courir les primes »

La banque reste plébiscitée

Yomoni s'emballe cependant quelque peu dans son analyse, puisqu'il est aussi possible de voir le verre à moitié plein : la banque reste l'institution la plus demandée en tant que conseil financier (50 %), loin devant les CIF/CGP (pour 37 % des sondés), les proches et la famille (36 %), les notaires (19 %), et l'auto-apprentissage (15 %). Les Français sont par ailleurs satisfaits à 70 % de la façon dont est placé leur argent. 

Cette dichotomie se manifeste aussi dans le tiraillement entre aspiration à l'autonomie et besoin d'accompagnement dans la gestion de l'épargne. 30 % des sondés souhaitent la gérer de manière totalement autonome, 48 % de manière autonome mais avec les conseil d'un professionnels - le pourcentage monte à 55 % pour les placements risqués - et 9 % préfèrent en déléguer la gestion. Si l'envie d'émancipation est timide mais présente, les connaissances franchouillardes en matière de placements sont pour le moins confuses : 87 % des Français n'ont jamais entendu parler des ETF, 90 % des robots conseillers et 74 % de la gestion sous mandat. La faute en partie aux conseillers financiers, qui n'ont jamais proposé aux 3/4 des épargnants un placement ETF ou une gestion sous mandat. 

Une aversion au risque, mais...

L'aversion des Français au risque existe toujours - 84 % d'entre eux ont une épargne garantie - mais ce constat doit être nuancé. 45 % de la population détient aussi une épargne risquée, en quasi-totalité mixte (42 %) dans des proportions moité/moitié. Les freins à ce type d'épargne sont la peur de manquer de liquidités (57 %), de perdre des économies (43 %) ou un manque d'appétence pour le risque (27 %). Une meilleure connaissance des placements inciterait 36 % des épargnants à prendre plus de risques. Les conseils d'un professionnel (22 %) ou au contraire une plus grande autonomie (24 %) pourraient également jouer un rôle incitatif. La marge de progression est bien là, puisque quasiment trois quarts des Français mettent de l'argent de côté ou possèdent déjà une cagnotte. 

 

(1) Interviews effectuées en ligne du 26 avril au 3 mai 2021 auprès d'un échantilon de 2.000 personnes, représentatif de la population habitant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas