Obligations d’Etat

CPR AM lance un fonds qui s’affranchit des indices

Le gérant propose CPR EuroGov + MT, un fonds investi sur les emprunts d’Etat européens
Plutôt que de suivre les indices, il bénéficie d’une allocation dynamique entre les pays

Depuis plusieurs mois déjà, les allocataires ont tendance à sous-pondérer les emprunts d’Etat dans leurs choix, mettant en avant le niveau particulièrement faible des taux, inéluctablement voués à remonter. Pourtant, cette classe d’actifs, même si elle devait peser moins dans les portefeuilles, reste incontournable pour certains investisseurs qui sont contraints de – ou veulent – limiter leurs expositions risquées.

Dans ce contexte, CPR AM a lancé EuroGov + MT, un fonds d’obligations d’Etat à moyen terme de la zone euro (hors Chypre et Malte) principalement investi dans les titres de meilleure qualité (investment grade) et dont l’allocation s’affranchit des indices communément utilisés sur ce type de produit.

Des indices limités.

L’élément déclencheur de la conception de ce nouveau fonds – plus précisément d’un nouveau processus de gestion commercialisé activement aujourd’hui mais qui a remplacé en janvier dernier celui d’un fonds déjà existant sur le même univers – provient du constat que les indices qui suivent cette classe d’actifs se révèlent, le plus souvent, élaborés en prenant en compte le poids de la dette de chaque pays. En clair, plus un Etat est endetté et plus il pèse dans l’indice.

Or, « la crise que nous avons traversée a prouvé que cette méthode pour déterminer l’allocation géographique des portefeuilles n’était pas forcément la meilleure. Par ailleurs, lorsque des indices font intervenir dans leur composition des critères macroéconomiques, nous avons constaté qu’ils présentaient assez peu de différences avec les indices traditionnels et, surtout, une très grande inertie dans la variation de leur allocation », explique Thierry Sarles, responsable de la gestion taux chez CPR AM et gérant du fonds.

Une batterie de critères.

Le gérant a donc décidé de faire entrer d’autres critères pour déterminer la composition de son fonds. « Nous avons voulu favoriser une approche dynamique de l’allocation, déclare Thierry Sarles. Ainsi, non seulement certains petits pays quasiment absents des indices peuvent représenter une proportion non négligeable de notre fonds, mais notre allocation stratégique peut varier significativement dans le temps, contrairement à l’allocation des indices qui reste très stable. »

Les pays de la zone euro sont classés en fonction du niveau de leur dette rapportée à leur PIB, de leur compétitivité (mesurée avec les coûts salariaux unitaires), du taux de détention des dettes par des investisseurs non résidents, des taux de prélèvements obligatoires, de la perception sur les réformes engagées par les politiques en place et, enfin, en fonction du niveau absolu des taux – pour éviter d’obtenir, in fine, une allocation très sûre mais au rendement très bas. « Ces critères ont été décidés en commun par les équipes de gestion, de recherche et de stratégie. Il fallait à la fois qu’ils reflètent, voire anticipent, les problèmes qui peuvent toucher la dette des différents pays et qu’ils soient conçus avec des données régulières et normalisées sur l’ensemble des pays », précise Thierry Sarles. 

Liberté de gestion.

Le poids que représente la dette de chaque pays est donc calculé en fonction d’une pondération de ces critères, et pas du tout en fonction de la taille totale de la dette émise. Le fonds s’est aujourd’hui fixé une limite de 10 % sur le Portugal, 15 % sur l’Irlande, 30 % sur les autres dettes et il reste en dehors de la Grèce. « Ces pondérations ne sont pas définitives et pourront être amenées à évoluer », note le gérant. Lors de son dernier comité d’allocation semestriel qui a eu lieu en juin, ce dernier a fixé une exposition de 25 % sur l’Espagne (contre 11 % à 12 % pour les indices), de 18 % sur l’Allemagne (en ligne avec les indices), de 13 % sur l’Irlande (contre 2 ou 3 % pour les indices), de 7 %  sur le Portugal (contre 1 ou 2 %), de 15 % sur l’Italie (contre environ 25 %), et de 5 % pour la France (contre 22 ou 25 % pour les indices traditionnels).

Un produit avec une grande liberté par rapport aux indices « mais qui a bien vocation à devenir un véhicule de cœur de portefeuille sur la poche des emprunts d’Etats à moyen terme des portefeuilles », estime Thierry Sarles.