Christine Lagarde souhaite une coopération renforcée pour surmonter la crise

Yves-Marc Le Réour
La présidente de la BCE appelle les Etats européens à accentuer leurs efforts budgétaires pour compléter l’arsenal monétaire de la banque centrale.

Le temps presse pour mettre en œuvre le plan de relance de l’Union européenne. C’est, en substance, le message adressé hier au Parlement européen par Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), à l’occasion d’un débat sur le rapport annuel de l’institut d’émission. Si les gouvernements ont dépensé massivement pour maintenir à flot l'activité économique après la profonde récession qui a touché la zone euro l'année dernière, certains pays semblent désormais rechigner à débloquer une aide supplémentaire, alors que le fonds de relance de 750 milliards d'euros élaboré par l'UE en mars dernier tarde à être finalisé.

«La politique budgétaire - tant au niveau national qu'européen - reste cruciale pour soutenir la reprise», a déclaré Christine Lagarde devant les députés européens. Elle a fait valoir que le plan de relance pourrait stimuler la croissance cette année s'il était mis en œuvre selon le calendrier prévu. Le PIB a chuté de 6,8% l'année dernière dans la zone euro et un nouveau ralentissement dans les trois premiers mois de 2021 est une hypothèse plausible, alors que le secteur des services est encore majoritairement à l'arrêt. La dirigeante avait déclaré ce week-end qu’il lui semblait illusoire de tabler sur un retour de l’activité économique aux niveaux d’avant la pandémie avant la mi-2022.

Une faible inflation sous-jacente

La BCE maintiendra de son côté sa politique monétaire ultra accommodante, le rebond plus marqué que prévu de l'inflation en janvier occultant une faible dynamique sous-jacente. Le taux d'inflation calculé aux normes européennes IPCH est redevenu positif le mois dernier, ressortant à 0,9% en rythme annuel contre -0,3% en décembre et +0,5% pour le consensus, d'après la première estimation publiée mercredi dernier par Eurostat. «Les pressions inflationnistes sous-jacentes devraient rester modérées en raison de la faiblesse de la demande, des faibles pressions salariales et de l'appréciation de l'euro», a expliqué la dirigeante.

La banque centrale, qui s'est fixé comme objectif un taux d'inflation «inférieur à mais proche de 2%» sans parvenir à l'atteindre depuis des années, avait prévenu ces dernières semaines qu'elle s'attendait à un rebond de l'inflation, tout en soulignant qu'il ne devrait être que temporaire.