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Carmignac moins porté sur les émergents

A l'occasion de sa grande conférence annuelle, le gérant est revenu sur les thèmes d’investissement qui seront dominants en 2014

Si l’événement est à chaque fois très attendu, cela est particulièrement vrai cette année. Carmignac Gestion tient aujourd’hui sa grande conférence annuelle, après une année 2013 chahutée pour son fonds phare Carmignac Patrimoine. Avec une performance de 3,53 % (pour sa part A et 3,02 % pour sa part E), Carmignac Patrimoine fait, en 2013, non seulement moins bien que la moyenne de sa catégorie (+5,15 % pour la catégorie des fonds flexibles globaux de Lipper), mais le fonds a surpris par une performance négative inhabituelle de presque 10 % entre la fin du mois de mai et la fin du mois de juin. Cette contre-performance s’est traduite, pour la société, par une décollecte de 2,3 milliards d’euros (4 % des encours), même si, avec 53,3 milliards sous gestion fin 2013, elle reste proche des montants gérés à la fin de l'année dernière (53,6 milliards d'euros).

Réduction des émergents. Aujourd’hui, si les émergents constituent toujours une part importante de l’exposition du gérant (19,8 % fin 2013 contre 28,1 % fin 2012), celle-ci apparaît « historiquement basse », note Frédéric Leroux, gérant global chez Carmignac. Malgré un sentiment de marché très négatif sur la zone, les valorisations devenues attrayantes le poussent tout de même à conserver une exposition sur certains pays, notamment le Mexique, qui pourrait profiter de la reprise américaine – même si Frédéric Leroux estime que « cette croissance profite de moins en moins au reste du monde » -, ou la Chine qui met actuellement en place ses réformes annoncées en 2013.

Relais des Etats-Unis. Pour cette année, Carmignac mise clairement sur les pays développés, et au premier rang d’entre eux, les Etats-Unis. Le gérant croit à la reprise américaine. « La Réserve fédérale normalisera la situation graduellement, à cause des difficultés qui subsistent », anticipe Frédéric Leroux. « Si la croissance américaine reste satisfaisante, elle a toujours besoin de la Fed. Il faut, pour que cette croissance soit durable, que l’effet richesse perdure et éviter une nouvelle baisse de l’immobilier que pourrait provoquer une remontée trop rapide des taux », continue-t-il. Ainsi, le thème de la croissance américaine pèse aujourd’hui pour 25,1 % du portefeuille de Carmignac Patrimoine, contre 7,9 % fin 2012.

Stabilisation en Europe. Sur l’Europe, le gérant se révèle moins optimiste sur la croissance, mais constate cependant une amélioration notable de l’activité – sauf, peut-être en France. Sur la zone, il s’attend à ce que la Banque Centrale européenne soit « plus agressive pour contrer les vives pressions déflationnistes ». « Nous attendons, au cours de l’année, quelques bonnes surprises de la BCE, comme un nouveau quantitative easing, ou des taux de dépôt négatifs », déclare Frédéric Leroux. La stabilisation de l’économie européenne constitue aujourd’hui 8,2 % du portefeuille, contre 3,2 % fin 2012.

Le réveil du Japon. Cela fait déjà plusieurs mois que le Japon a retrouvé la faveur du gérant et le pays constitue toujours un de ses thèmes phares pour cette année. « La poursuite de la baisse du yen et du programme de redynamisation économique soutient les marchés d’actions », estime Frédéric Leroux. « L’impact déflationniste de la hausse de la TVA au mois d’avril sera, selon nous, compensé par des hausses de salaires. Nous commençons d’ailleurs à voir émerger certains accords salariaux dans de grandes entreprises », précise le gérant. Le Japon constitue aujourd’hui 11,2 % de l’exposition du portefeuille du gérant, auquel il faut ajouter 5,4 % via des positions futures sur les indices japonais, contre 4,4 % (+5,1 % sur des futures) fin décembre 2012. 

Quelques thèmes d’investissement en baisse. Hormis les émergents, le gérant a également baissé son exposition aux mines (2,3 % fin 2013 contre 13,5 % fin 2012) et à l’énergie (7 % fin 2013 contre 12,5 % fin 2012). Par ailleurs, si les « leaders mondiaux » restent toujours d’actualité (ils représentent 24,6 % du portefeuille), leur poids a baissé puisqu’ils représentaient 29,8 % de l’exposition du portefeuille l’année dernière. « Nous avons allégé les valeurs défensives au profit de valeurs plus cycliques. Par ailleurs, les valeurs liées à internet représentent aujourd'hui 10 % de nos encours. Les revenus publicitaires sur internet et sur mobiles finiront par atteindre le poids qu'ils constituent sur les autres média  traditionnels », précise Frédéric Leroux.

Croissance attendue, donc, pour 2014, mais cette fois davantage sur les pays développés et moins sur les émergents.