Carmignac Gestion passe sous la barre des 50 milliards d'encours

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Début d'année difficile pour Carmignac Gestion.

La société de gestion française a en effet accusé une baisse de ses encours de 6,3 % lors du premier trimestre 2014. Ses actifs sous gestion passent donc sous la barre des 50 milliards d'euros pour la première fois depuis 2011. De fait, au 31 mars 2014, ses encours s'établissent à 49,928 milliards d'euros contre 53,298 milliards d'euros à fin 2013. Le niveau des encours reste toutefois au-dessus des 45,863 milliards d'euros affichés fin 2011.

Cette baisse s'explique en grande partie par une importante décollecte enregistrée sur les trois premiers mois de l'année. «Nous avons enregistré de bonnes performances sur notre gestion obligataire mais nos fonds globaux ont été plus bousculés, a reconnu Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement de Carmignac Gestion à l'occasion d'une conférence de presse. Il y a eu une sous-performance des gestions de conviction.» Ainsi, au cours du premier trimestre, la société de gestion a subi une décollecte nette de 2,8 milliards d'euros, soit environ 4 % de ses encours à fin 2013, malgré une collecte nette de 400 millions d'euros sur la gestion obligataire.

Dans le détail, son fonds Carmignac Investissement a pâti des déceptions sur la croissance américaine liées à l'effet météo défavorable qui a pesé sur le portefeuille. «Nous étions positionnés sur la reprise de l'économie américaine mais la mauvaise météo a empêché cette reprise et a eu des effets assez démultipliés sur nos fonds actions», a reconnu Frédéric Leroux, gérant global chez Carmignac Gestion. Carmignac Patrimoine a également connu un premier trimestre « décevant » de l'aveu de Rose Ouahba, responsable de l'équipe taux, caractérisé par une décollecte de 1,8 milliard d'euros.

Enfin, comme bon nombre de gestionnaire d'actifs, Carmignac Gestion a subi de plein fouet la défiance des investisseurs pour les marchés émergents, «considérés comme les parents pauvres de la croissance mondiale», selon Frédéric Leroux. Résultat: son fonds Carmignac Emergents a subi une décollecte de 300 millions d'euros au premier trimestre.

Pour les trimestres à venir, Carmignac Gestion compte tirer profit de la reprise économique américaine et de l'amélioration de l'économique européenne. La société de gestion souhaite également se positionner sur les marchés émergents et le Japon où «les valorisations sont particulièrement basses». Toutefois, s'agissant des pays émergents où il souhaite «réaugmenter son exposition», le gestionnaire d'actifs entend se montrer sélectif sur les valeurs.

Ce 17 avril, Edouard Carmignac, l'emblématique président de la société de gestion, a également interpellé Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), par l'entremise d'une lettre ouverte. S'il a salué le travail de Mario Draghi depuis sa prise de fonction, observant qu'il «avait fait de la BCE une institution clé dans le processus de construction européenne», Edouard Carmignac en appelle à une intervention plus vigoureuse de sa part. «Je suggérerais une politique de taux d'intérêt zéro, avec une baisse symbolique de 0,25 % de votre taux d'intérêt de référence, un programme de rachat des obligations souveraines de 50 milliards d'euros par mois, avec une répartition basée sur le poids économique relatif des différents Etats membres, écrit ainsi Edouard Carmignac. Ces rachats pourraient s'élever à 6 % du PIB de la zone euro sur un an et, cela va sans dire, ils ne devraient pas être stérilisés.»