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Candriam

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Alors que l’année 2018 était marquée par une divergence persistante entre les Etats-Unis et le reste du monde sur les marchés boursiers, le mois d’octobre a sonné la fin de la domination incontestée du marché américain. Aucun marché d’actions n’a été épargné dans la baisse, et les flux sortants des Etats-Unis ont été massifs. Les doutes sur une poursuite de la croissance mondiale resurgissent, les effets négatifs de la guerre commerciale commencent à transparaître dans les communications des entreprises. Comment investir dans ce contexte ?
 Si notre scénario économique central est toujours constructif, nous avons néanmoins commencé à réduire notre exposition aux actions à la fin du mois de septembre et sommes aujourd’hui neutres sur cette classe d’actifs. Notre allocation géographique reste diversifiée et privilégie aujourd’hui un rebond de la zone euro, où la prime de risque a fortement progressé.
 Les Etats-Unis ont connu une forte accélération de leur croissance économique depuis le début de l’année, portés par la stimulation budgétaire du président Trump. Les résultats des entreprises devraient ainsi afficher une progression supérieure à 20 % cette année et les marges bénéficiaires atteindre un point haut. La forte progression du marché américain jusqu’au mois de septembre était ainsi largement expliquée par de bons fondamentaux.
 Cette phase d’accélération arrive néanmoins à son terme, la croissance devrait rester élevée l’an prochain (au-dessus de 2,5 %), mais les surprises économiques seront moins favorables qu’en 2018. De même, les facteurs qui soutenaient la croissance bénéficiaire aux Etats-Unis s’affaiblissent. La réforme fiscale a eu un fort impact positif en 2018, mais qui ne se renouvellera pas en 2019. Les marges des sociétés américaines pourraient être mises sous pression avec la progression des salaires.
 Nous ne basculons cependant pas dans un constat alarmiste, les probabilités d’une récession en 2019 sont quasi nulles. Encore en ce 3e trimestre 2018, 75 % des entreprises ont des résultats supérieurs aux moyennes historiques (contre 90 % au 2e trimestre) et les perspectives restent positives. Les secteurs technologique, financier, de l’énergie et de consommation discrétionnaire devraient être les contributeurs principaux à la croissance bénéficiaire en 2019.
 Dans la zone euro, l’incertitude politique reste forte alors que l’Italie a engagé un bras de fer avec la Commission européenne sur son budget. Cette montée populiste a affecté la bourse, le moral des entreprises et le sentiment des investisseurs. Les indicateurs économiques peinent ainsi à se redresser et l’Allemagne n’est plus le principal moteur de croissance en Europe. Economie très ouverte, l’Allemagne est affectée par un contexte de guerre commerciale dans laquelle le secteur automobile allemand est très touché. Voitures électriques, autopartage, mesures anti-pollution et ralentissement de l’économie chinoise justifient ce retournement de tendance, mais ne remettent pas en cause le scénario de nos économistes : la zone euro devrait continuer à afficher une croissance autour de 2 %, toujours au-dessus de son potentiel. Les valorisations des marchés européens intègrent aujourd’hui une prime de risque élevée qui devrait se réduire au moindre signe d’apaisement politique.
 En termes de performance, les pays émergents ont été les plus pénalisés depuis le début de l’année. Même si elle ralentit, la croissance de la région devrait rester au-dessus de celle des pays développés. Depuis quelques mois, la Chine a lancé différentes mesures pour limiter le ralentissement économique : stimulation de la consommation via des baisses d’impôts, assouplissement monétaire, baisse de la devise. Les effets ne sont bien sûr pas immédiats et devraient commencer à être positifs début 2019.

 En conclusion, nous restons à la recherche d’opportunités d’investissement tactiques dans un contexte de rendements plus faibles des marchés et de volatilité accrue.


Principaux points forts du marché

  • Valorisation attractive des marchés actions
  • Croissance mondiale qui ralentit mais pas de récession en vue
  • Des taux qui montent mais des conditions financières qui restent accommodantes

Principaux points faibles du marché

  • Compression universelle des marges et décélération de la croissance
  • Une vulnérabilité accrue de certains pays émergents
  • Risque politique en hausse en Europe

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