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BDL lance le premier fonds protégé labellisé ISR

BDL Capital Management lance le premier fonds protégé labellisé ISR et exposé à hauteur de 30 % aux marchés
Le processus de gestion s’appuie sur la recherche interne pour les critères financiers et mêle recherche interne et externe sur l’ISR
Thierry Dupont, co-créateur de BDL et Jean duchein, gérant chez BDL

C’est peut-être le signe que nul ne peut aujourd’hui faire l’impasse sur une offre de produits d’investissement socialement responsable (ISR). Lorsque l’on interroge Thierry Dupont, co-créateur de BDL, sur les raisons qui l’ont conduit à lancer une offre ISR, la réponse ne se fait pas attendre : « ce développement est lié à nos propres convictions, mais aussi à une demande de nos clients, qu’ils soient institutionnels, banques privées, family office ou conseillers en gestion de patrimoine ». En clair, tous les investisseurs, que ce soit des particuliers via leurs intermédiaires, ou des institutionnels, commencent à vouloir des produits plus responsables, et ce sur toutes les classes d’actifs. Comme à son habitude, la société de gestion a donc d’abord monté une équipe en interne et créé ses propres outils de notations ESG avant de proposer BDL Transition, son premier produit ESG bénéficiant en outre du label ISR et géré par Jean Duchein et Hughes Beuzelin.

Protection. Si BDL Capital management dispose, dans sa gamme actuelle, de produits d’actions traditionnels, la part la plus importante de ses encours est gérée en utilisant des stratégies de vente à découvert ou de couverture.
Et le nouveau fonds de BDL ne fait pas exception à l’ADN de la société : son exposition longue (c’est-à-dire à l’achat), sera limitée à 30 %. Le gérant prend donc des positions sur un nombre limité de 30 à 40 valeurs européennes et a mis en place une couverture variable sur l’indice Stoxx 600.

Moteur de performance. Le processus de gestion de ce fonds s’apparente à celui mis en place par la société depuis des années. En premier lieu, l’univers d’investissement, composé d’environ 1.200 valeurs européennes est analysé. Le gérant ne retient que les titres des entreprises disposant de fortes barrières à l’entrée, de flux de trésorerie récurrents, de faibles dettes et dont la valeur semble satisfaisante au gérant. Ensuite, les 12 analystes de la société retirent les titres du secteur du tabac et de l’armement et appliquent un premier filtre ISR en éliminant les 20 % des valeurs les moins bien notées par la société de notation ESG Sustainalytics. Enfin, une notation interne, à partir des questionnaires que les analystes soumettent aux sociétés, est appliquée. Cette note pèse ainsi pour 30 % de la note globale attribuée à chaque titre.

Poids différents. Hormis le fait que des produits plus responsables soient demandés par les clients, le gérant affirme que les critères ESG sont générateurs de valeur. « Dans ce fonds, l’ESG s’inscrit réellement dans la proposition de performance », précise Thierry Dupont. C’est une des raisons aussi pour lesquelles l’environnement, la gouvernance et le sociétal sont pris en compte différemment. Ainsi 20 % de la note sera en relation avec les critères environnementaux, 20 % de la note concernera des critères sociétaux et 60 % concernera des problématiques de gouvernance. A noter que ce point est déjà pris en compte dans le processus de sélection des autres fonds du gestionnaire. « Nous estimons que sans bonne gouvernance, l’application de toute politique ESG dans une entreprise ne sera pas viable », explique Jean Duchein. Une vision de l’ISR liée à la performance qui, depuis quelques années, commence à poindre dans l’industrie et devrait progressivement faire ses preuves. De plus en plus, les sociétés ne répondant pas aux critères responsables sont en effet délaissées par les grands investisseurs institutionnels et donc, en toute logique, devraient moins performer sur les marchés.