Banquiers et assureurs se préparent au «stress test» climatique

Par La rédaction
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a publié lundi les scénarios de l'exercice d'évaluation qui sera mené au second semestre.

Le coronavirus vaut tous les tests de résistance du secteur financier. Mais l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) n'a pas renoncé à soumettre banquiers et assureurs à un «stress test» climatique. L'idée n'est pas d'aboutir à de nouvelles exigences en fonds propres, mais de «mesurer les expositions et les vulnérabilités du secteur financier français aux différents scénarios climatiques».

Dans ce cadre, l’ACPR a publié ce lundi deux documents. Le premier détaille «les hypothèses provisoires de son exercice pilote d’évaluation du risque climatique», qu'elle entend mener au deuxième semestre de cette année. Ce document est soumis à consultation publique jusqu’au 19 juin 2020. Les hypothèses définitives de l’exercice seront publiées fin juin, début juillet 2020. Après remise des copies entre octobre et décembre, les résultats seraient publiés en avril 2021.
Deux hypothèses

Le gendarme financier fait deux hypothèses : celle de bilans inchangés d'ici 2025, pour mesurer la vulnérabilité à court terme, puis celle d'évolutions successives jusqu'à 2050, les institutions financières ajustant leur bilan en fonction du risque climatique. Les banques devront par exemple apprécier les pertes potentielles sur les crédits aux entreprises des secteurs les plus exposés à la transition vers une économie bas carbone (transport aérien, construction...), ou intégrer dans la valorisation de leurs portefeuilles de marché la problématique des actifs échoués (stranded assets).

Les assureurs devront se livrer au même exercice sur leurs actifs pour en évaluer le risque de marché et de contrepartie. Au passif, c'est l'augmentation du coût et de la fréquence des risques climatiques extrêmes qui sera prise en compte. En matière d'assurance santé, revenue au premier plan avec la pandémie de Covid-19, l'ACPR s'appuiera sur les travaux du courtier Aon.

L'Autorité a retenu trois scénarios. Celui de référence, ou de «transition ordonnée», est calé sur la stratégie nationale bas carbone, qui prévoit zéro émission nette en 2050. Deux scénarios adverses sont aussi au programme.

Le second document présente un guide des bonnes pratiques en matière de gouvernance et de gestion du risque climatique. Ce guide a été élaboré avec les principales banques françaises.