Fonds actions

Axiom AI lance un fonds sur les valeurs bancaires

Axiom capitalise sur son expertise sur le secteur bancaire en lançant un fonds d’actions financières européennes
Le processus de gestion s’appuie sur une recherche propriétaire déjà utilisée pour ses fonds de dettes subordonnées bancaires

La Banque centrale européenne (BCE) et les autorités américaines ne sont pas les seules à passer au crible le bilan des banques, les investisseurs aussi. Alors que BNP Paribas risque une amende record de la justice américaine de 10 milliards de dollars (après des amendes infligées à de nombreux autres établissements en Europe, pour des montants cependant bien inférieurs), la totalité des banques européennes devront, dans quelques mois, s’être livrées à une revue de leurs actifs (AQR, pour asset quality review) et avoir passé des stress tests. Ces derniers détermineront si elles disposent ou non de capitaux suffisants ou si elles devront s’adapter pour continuer leur activité.

Dans ce contexte, Axiom AI, une société de gestion spécialisée sur les valeurs bancaires, lance Axiom Equity, un fonds principalement exposé aux actions du secteur. Elle compte non seulement profiter des opportunités que pourraient présenter certaines valeurs pendant cette période mais mise aussi – et surtout – sur les évolutions réglementaires à bien plus long terme.

Une mutation du secteur bien engagée.

Si le gestionnaire a choisi ce moment pour lancer son fonds, c’est parce qu’il estime que « le système bancaire s’est redressé de manière spectaculaire. Cela se traduit dans les bilans, les ratios de fonds propres ou les provisions, mais aussi sur la volatilité des titres qui a énormément baissé », explique Jérôme Legras, responsable de la recherche chez Axiom AI.

D’autant qu’aujourd’hui, « les niveaux de valorisations restent attractifs par rapport à leur moyenne historique », constate Jérôme Legras.

Un univers de 400 valeurs.

L’univers d’investissement du fonds est composé des valeurs financières européennes, comprenant les services financiers, les sociétés d’assurances et les banques, mais avec un fort biais sur les valeurs bancaires. Il peut investir sur la zone euro, ainsi que sur la Suisse ou le Royaume-Uni. Il ne s’interdit pas non plus de s’exposer, à la marge, à des pays comme la Pologne ou la République tchèque « qui disposent de systèmes bancaires solides », note Jérôme Legras. Au total, cet univers représente 400 valeurs.

Le fonds n’a pas de contraintes de taille de capitalisation et peut investir sur des banques peu connues ou peu suivies par les analystes. Jérôme Legras précise toutefois que « les valeurs bancaires, mêmes les plus petites, ne sont pas vraiment des petites capitalisations ».

Opportunités de long terme.

Comme pour les autres produits du gestionnaire, le processus de gestion du fonds s’appuie sur l’analyse  fondamentale. « Nous essayons d’anticiper les contraintes et les enjeux des différents types de banques, et nous investissons dans celles qui nous paraissent les mieux armées pour répondre aux nouvelles exigences de fonds propres, réglementaires, qui présentent les perspectives de rentabilité les plus élevées et/ou dont le cours affiche une décote importante », explique le gérant. Le gestionnaire peut prendre des positions tactiques, mais il joue aussi sur des tendances de long terme, et notamment sur le fait que le cycle du marché et des régulateurs n’est pas le même.

La mise en place d’une réglementation prend plusieurs années mais « lorsque les processus sont mis en route, même à partir de réflexions techniques qui ne sont pas encore engageantes, ils ne s’arrêtent généralement pas ». Or, les analystes et les investisseurs s’intéressent à ces points seulement plusieurs mois après les premières réflexions, lorsque la réglementation commence concrètement à se mettre en place. « En investissant en amont, nous devrions donc profiter des ajustements sur les valeurs bancaires en fonction de critères très largement prévisibles, mais ignorés par le marché », conclut le gérant.