Action internationales

AXA IM lance un fonds sur l’économie digitale

La numérisation touche d’ores et déjà de larges pans de l’économie mondiale
AXA IM Framlington profite de ce mouvement pour lancer un nouveau fonds sur la thématique

 Maxime Alimi, responsable de la stratégie d’investissement chez AXA IM

Si le numérique est déjà entré dans le quotidien d’une part importante de la population mondiale, les conséquences de cette révolution ne sont pas encore totalement mesurables au niveau macroéconomique. Ce qui est certain en revanche, c’est que les gestionnaires d’actifs ont bien compris qu’ils devaient ne pas négliger cette thématique. D’ailleurs, les performances boursières du secteur de la technologie ne laissent planer aucun doute sur les espoirs boursiers qu’il suscite : depuis le début de l’année, le Nasdaq a progressé de plus de 30 % depuis le début de l’année et le secteur technologique du S&P 500 de plus de 40 %.

Après avoir déjà lancé un fonds thématique sur la robotique, AXA IM lance aujourd’hui AXA WF Fund Digital Economy, un nouveau fonds géré par Jeremy Gleeson de l’équipe de Framlington Equities et centré, comme son nom l’indique, sur l’économie digitale. Ce produit, qui peut se positionner sur toutes les valeurs cotées des marchés développés et émergents, sur tout type de capitalisation, restera relativement concentré, avec 40 à 60 valeurs en portefeuille. Citant une étude de Citi, le gestionnaire s’appuie sur le fait que la proportion des ventes réalisées en ligne n’est que de 9 % aujourd’hui et qu’elle est amenée à croître de 14 % par an sur les cinq prochaines années.

Consommation.  Par économie digitale, les gérants du fonds entendent investir sur toutes les entreprises qui profitent de la croissance de la consommation en ligne. Ainsi, il couvrira les secteurs du marketing et de la publicité digitale via les moteurs de recherche et les médias sociaux, les plateformes de e-commerce ou les portails web, les entreprises spécialisées dans la livraison, la logistique, le paiement, ou encore les sociétés spécialisées dans les données ou les stratégies digitales des entreprises. « L’économie digitale constitue un thème relativement nouveau qui, à ce jour, grandit rapidement et voit arriver de nouveaux segments de marché comme l’économie de partage », explique le gérant dans un communiqué. Or, toujours selon lui, « deux facteurs clés favorisent la croissance de l’économie digitale : la facilité d’accès à des produits et services via des appareils connectés et l’évolution du pouvoir d’achat des Millenials ».

Un intérêt plus large. Avec ce deuxième fonds sur la technologie, le gestionnaire montre tout l’intérêt qu’il porte à la thématique. Les équipes d’AXA IM de Paris ont d’ailleurs creusé le sujet en réfléchissant sur la manière dont la révolution numérique pouvait toucher l’économie mondiale, au niveau macroéconomique. Et, premier constat, « les statistiques mesurent assez mal les réelles implications macroéconomiques du numérique, estime Maxime Alimi, le responsable de la stratégie d’investissement chez AXA IM. Les économistes ne s’apercevront des gains de productivité procurés aujourd’hui par le numérique – qui ne se reflètent pas dans les chiffres – que dans plusieurs années. Cela s’est déjà produit, par exemple à la fin des années 1990 ».

Par ailleurs, la manière de considérer l’inflation pourrait aussi évoluer. « Non seulement les algorithmes peuvent d’ores et déjà faire varier très rapidement les prix des biens en ligne, mais on peut imaginer qu’avec les outils d’intelligence artificielle, les prix pourront être adaptés à chaque individu en fonction de leurs caractéristiques propres. Mesurer le prix d’un panier de biens global n’aurait donc plus aucun sens ».

L’emploi est aussi évidemment concerné. Le numérique est-il un danger pour l’emploi, et donc pour la croissance globale ? « Nous ne croyons pas que la numérisation va entraîner un chômage de masse, mais ce qui est sûr, c’est que certains emplois sont menacés. Et pas forcément des emplois peu qualifiés, mais tous ceux qui impliquent des tâches routinières ».

Enfin, du côté des investissements, la situation pourrait être un peu similaire car, explique Maxime Alimi, « la quantité d’investissement devrait rester la même qu’aujourd’hui, mais leur nature va changer ». Finalement, le gestionnaire estime que cette numérisation entraînera « tôt ou tard une accélération de l’activité économique et de meilleurs profits pour les entreprises ».