Fonds sectoriel

Axa IM lance un fonds sur la robotique

La thématique affiche une croissance comprise entre 10 % et 15 % par an
Le gérant investit sur des secteurs comme l’industrie, la santé ou les transports
DR, Tom Riley, gérant, Axa Framlington

Cela devient un phénomène de société. En quelques années, alors que la robotique ne constituait qu’un sous-secteur de l’industrie, elle est maintenant présente dans de nombreux pans de l’économie. Des Etats-Unis aux pays émergents, en passant évidemment par la France, la thématique prend de l’importance. L’idée de taxer les robots, tant leur place devient prépondérante dans bon nombre d’entreprises, s’est d’ailleurs non seulement invitée dans la campagne électorale française mais Bill Gates, le fondateur emblématique de Microsoft, vient d’émettre la même proposition.

Rien d’étonnant alors à ce que les investisseurs et les gestionnaires s’intéressent à ce sujet (L’Agefi Actifs n°670, p. 28), désireux de profiter de cette révolution robotique. La société de gestion Axa IM, présente sur cette thématique depuis 2015 via un mandat avec un de ses partenaires au Japon, vient de lancer en France le fonds Axa World Funds Framlington Robotech Fund, géré par Tom Riley. Ce dernier explique que « ces dix dernières années, l’industrie de la robotique a présenté une croissance moyenne de 5 % par an. Ce rythme s’est accéléré ces deux dernières années pour atteindre 10 à 15 % et il est prévu que cela continue ». Pour affirmer cela, le gestionnaire s’appuie sur des tendances fortes comme la progression des salaires dans certains pays émergents. « En Chine, le coût du travail dans l’industrie a progressé de 12 % par an ces quinze dernières années, constate le gérant. Dans le même temps, nous avons vu le prix des robots baisser. Il y a donc aujourd’hui une forte demande d’automatisation dans ce pays pour accroître la productivité. »

Univers large.

« Historiquement, les robots devaient être isolés parce qu’ils étaient considérés comme dangereux alors qu’aujourd’hui, robots et humains peuvent travailler ensemble. C’est une des raisons pour lesquelles les robots sont déployés dans de nombreuses industries. Ils peuvent faire des travaux que les humains ne veulent ou ne devraient pas faire », explique Tom Riley. Si l’industrie reste un des domaines prépondérants de la robotique, ce n’est plus le seul. Ainsi, outre ce secteur, le gestionnaire examine aussi les sociétés dans le segment des transports, de la santé, des semi-conducteurs, des logiciels ou encore des objets connectés. Son univers d’investissement est constitué de 300 valeurs présentant une capitalisation boursière d’au minimum 500 millions de dollars et de toute zone géographique pour construire son portefeuille.

Le gérant y intègre deux types de valeurs. En premier lieu, celles qui sont exclusivement du domaine de la robotique (les pure players), souvent des capitalisations moyennes (entre 500 millions et 25 milliards de dollars de capitalisation). « Nous investissons dans des sociétés qui offrent des produits ou des services à d’autres entreprises, déclare Tom Riley. Nous ne sommes pas présents sur le segment de la robotique grand public car nous estimons que ce marché est encore naissant et très concurrentiel. »

Par ailleurs, il se positionne aussi sur des sociétés, souvent de taille plus grande, pour qui la robotique prend une place de plus en plus importante dans l’activité. « Cela peut être pour conforter leur domination dans certains secteurs ou offrir des solutions différentes à leurs clients », précise le gérant. Finalement, « la diversification sectorielle du fonds ainsi que l’équilibre entre les capitalisations moyennes et les plus grandes, contribue à faire baisser sa volatilité », note Stéphane Lago, product specialist chez Axa IM.

Sélection de valeurs.

Sans surprise de la part d’Axa Framlington – dont c’est la spécificité –, le processus de gestion s’appuie sur la sélection de valeurs à partir des fondamentaux des entreprises (stock-picking). Et si la valorisation entre en compte dans la décision d’investissement, ce critère vient clairement après d’autres, plus essentiels, selon le gestionnaire. « Nous examinons la qualité de l’entreprise : le management ou encore le ‘pricing power’. Ensuite seulement, nous examinons la valorisation. Nous passons une grande partie de notre temps à rencontrer les équipes de management. Nous ne dialoguons pas seulement les entreprises dans lesquelles nous investissons, nous allons aussi vers leurs clients, leurs fournisseurs ou encore leurs compétiteurs. Nous voulons comprendre toute la chaîne de valeur dans laquelle ces sociétés évoluent », explique Tom Riley. Ce qui, dans ce secteur en perpétuelle mutation, est loin d’être toujours évident.