Les portefeuilles types

Axa IM

D’une semaine sur l’autre, de grands intervenants de la place révèlent leur politique d’investissement par classes d’actifs et zones géographiques
Un rendez-vous pendant six mois avec trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs afin de décrypter leurs allocations

Le sentiment de marché actuel est plutôt à l’optimisme. Certes, plusieurs points d’inquiétude demeurent, en particulier au sujet du coronavirus, des élections présidentielles aux États-Unis, du commerce, de la faiblesse des dépenses d’investissement, de l’importance de la dette des entreprises et des risques géopolitiques. Mais la tendance générale semble pencher en faveur des actifs risqués. En effet, il est frappant de constater que l’épidémie de CoronaVirus, qui fait planer un doute sur les perspectives de croissance mondiale, a entrainé une courte aversion aux actifs risqués mais les marchés actions se sont repris très rapidement . De même la nuit où l’Iran a lancé ses missiles balistiques sur une base américaine en Irak, les contrats à terme sur l’indice S&P 500 ont brièvement cédé 2 % mais ils se sont vite redressés pour clôturer la séance en hausse. En temps normal, ces situations auraient déclenchées une réaction plus vive sur les marchés sachant que les positionnements acheteurs de contrats à terme sur actions américaines sont aujourd’hui proches de sommets historiques, signe d’un positionnement spéculatif tendu. Alors pourquoi ceux-ci se montrent-ils si résistants ?

Selon nous, c’est simplement parce qu’en ce moment les facteurs positifs l’emportent. Les dispositifs de relance monétaire continuent d’être renforcés et les conditions financières s’assouplissent encore, puisque les banques centrales poursuivent leurs réductions de taux, la dernière en date étant celle de la Chine pour amortir les effets de l’épidémie de CoronaVirus sur l’économie, qui a par ailleurs annoncé des injections importantes de liquidité. Par conséquent, les taux à court terme, inférieurs de 50 pb à leur niveau d’il y a un an, continuent de baisser dans l’ensemble du monde. La relance monétaire tire à la hausse les prix des actifs, en particulier des actions et des biens immobiliers. Par exemple, les mises en chantier américaines de décembre ont dépassé les attentes de tous les économistes et ont atteint leur niveau le plus élevé depuis décembre 2006. Paradoxalement, la hausse des prix des actifs pourrait devenir autoentretenue, puisque l’accroissement du patrimoine net des ménages va probablement soutenir la consommation, et, donc la croissance du PIB en 2020 dans un contexte où les résultats des entreprises restent encourageants.

Tout ceci dans un contexte où l’on peut déjà espérer une reprise du cycle manufacturier comme le suggère le rebond des données d’enquête auprès des entreprises. Ainsi, les indices PMI globaux sur les nouvelles commandes dans le secteur manufacturier pour le mois de janvier sont repassés  au-dessus de 50, au plus haut depuis décembre 2018. Selon les statistiques historiques, l’indice S&P a de fortes chances de poursuivre son ascension jusqu’à ce qu’une récession soit en vue. Nous n’en sommes pas là pour l’instant.

Dans nos allocations de portefeuilles, nous maintenons la surpondération des actions car les tendances positives (assouplissement des politiques des banques centrales, conflit commercial, Brexit) atténuent les pressions et devraient favoriser un atterrissage en douceur de la croissance mondiale en 2020. Nous conservons également un biais pour les valeurs cycliques dans notre exposition aux actions de pays développés, dans la mesure où les statistiques macroéconomiques semblent indiquer un plancher du cycle manufacturier. Nous maintenons une opinion positive sur le crédit High Yield en euros, car la tonalité conciliante de la Fed, de la BCE et de la Banque du Japon soutient les opérations de portage. Nos perspectives demeurent favorables concernant les points morts d’inflation de la zone euro et des États-Unis, les prix du marché étant toujours trop pessimistes. Par ailleurs, nous avons introduit des matières premières dans nos portefeuilles, ces dernières ayant très fortement souffert de la baisse des anticipations de demande par la Chine suite à l’épidémie de coronavirus dont nous continuons à suivre les impacts potentiels sur l’économie réelle.

 

Principaux points forts

- Politiques monétaires accommodantes

- Amélioration du cycle économique

- Baisse des tensions géopolitiques

Principaux points faibles

- Impact du coronavirus sur l’économie mondiale

- Élections américaines

- Endettement de la Chine et des entreprises chinoises