Les portefeuilles types

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D’une semaine sur l’autre, de grands intervenants de la Place révèlent leur politique d’investissement par classes d’actifs et zones géographiques
Un rendez-vous pendant six mois avec trois partenaires choisis par la rédaction de L’Agefi Actifs afin de décrypter leurs allocations

En ce début d’année 2020, les indicateurs macroéconomiques avancés semblent annoncer une stabilisation de la dynamique de croissance après plusieurs trimestres de ralentissement. Le nombre élevé des créations d’emplois et le chômage au plus bas depuis 50 ans aux Etats-Unis sont des signes précurseurs positifs pour la consommation. En conséquence, l'économie américaine a peu de chances d’entrer en récession dans les prochains trimestres. Le fléchissement de la production manufacturière observé depuis 18 mois arrive probablement à son terme, en partie grâce à l’impact positif des réductions de taux récentes de la Fed, qui devrait se faire ressentir dans l'économie au premier semestre. La trêve du conflit commercial sino-américain devrait également avoir des effets bénéfiques. Dans ces conditions, la croissance des bénéfices des entreprises mondiales devrait s'établir à 5 % et les spreads de crédit continueront de bien se comporter. Quant aux banques centrales, elles devraient maintenir le statu quo en 2020, à la faveur d’une inflation inférieure ou égale à l’objectif.

Du point de vue des valorisations, les multiples actions restent modérées par rapport aux niveaux historiques, et encore plus par rapport à d’autres classes d'actifs. Certes, en termes absolus, les valorisations se sont accrues de plus de 20 % depuis les plus bas du 4ème trimestre 2018. Ils sont cependant globalement en phase avec les moyennes historiques, et inférieurs à leurs plus hauts de janvier 2018. En termes relatifs, la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir des actions au lieu d’obligations d’État dans leurs portefeuilles reste trop importante. C’est particulièrement le cas en Europe. Par conséquent, étant donné les injections de liquidités des banques centrales, il est possible que les multiples soient réévalués, une tendance typique de fin de cycle. Parmi les actions, les titres cycliques et sous-évalués se négocient toujours sur la base d'une décote exceptionnellement élevée par rapport aux valeurs défensives et de croissance, ce qui devrait créer des opportunités d'investissements tactiques. En comparaison, les obligations semblent onéreuses, avec des rendements souverains inférieurs de 300 points de base (pb) à leur moyenne sur 30 ans dans les marchés développés, et des spreads de crédit proches de leurs plus bas niveaux historiques. Néanmoins, les taux de défaut des émetteurs privés (hors secteur énergétique) devraient rester assez modestes, au moins au premier semestre 2020. Cela pourrait renforcer l’attrait relatif du crédit à haut rendement. Dans l’univers obligataire, les valorisations restent intéressantes au niveau des points morts d'inflation. Un niveau où les prix du marché sont toujours très inférieurs aux dernières publications d’inflation et à nos prévisions en la matière.

Les investisseurs ont tendance à sous-pondérer les actions, avec des flux nettement en retrait par rapport aux performances des marchés. Le total des décollectes des fonds d’actions au cours des 18 derniers mois s'est élevé à 300 milliards de dollars. Mais certains signes indiquent que les investisseurs allègent finalement leurs positions en obligations au profit des actions, notamment en Europe, qui font l’objet d’une sous-pondération marquée. Les fonds d’actions européennes connaissent à nouveau des flux nets positifs après 85 semaines consécutives de décollectes. Le potentiel de nouvelle hausse des flux est donc significatif. D’autant plus que la diminution des risques politiques, notamment relatifs au Brexit, devrait également soutenir le sentiment des investisseurs. 

Nous maintenons ainsi une vue positive sur les actions avec un biais cyclique et une préférence pour l’Europe et les marchés émergents. Nous gardons également un avis favorable à l’égard du crédit High Yield en euros et sur les points morts d’inflation des États-Unis et de la zone euro, mais nous conservons une exposition neutre en duration. Concernant les devises, nous prévoyons une légère appréciation de l’euro contre le dollar et visons une parité de 1,15 fin 2020. Nous avons une préférence pour le dollar canadien, qui offre un portage intéressant.

 

Principaux points forts

- Politiques monétaires accommodantes

- Amélioration du cycle économique

- Baisse des tensions géopolitiques

 

Principaux points faibles

- Élections américaines

- Endettement de la Chine et des entreprises chinoises

- Endettement des entreprises américaines