Attention aux UV 

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A 15 jours près, le scénario aurait été parfait. Dans un environnement des plus favorable pour une zone euro qui a enregistré en 2017 sa plus forte croissance depuis une décennie, les marchés d’actions au travers de l’indice DJ Euro Stoxx 50 devaient convaincre un peu plus encore les épargnants que le vert était de mise. Et que ce n’était pas un feu de paille. L'office statistique de l'Union européenne n’avait-il pas d’ores et déjà révisé à la hausse ses estimations de croissance pour le troisième trimestre 2017 ?
 
A 15 jours près donc, la mise en scène aurait été parfaite. Mais sur les marchés, la mécanique s’est grippée et l’indice phare de la zone après avoir marqué le 23 janvier dernier une hausse de 4,8 % depuis le début de l’année, affiche une perte de 0,72 % le 5 février. Il est tentant dans ce genre de scénario de n’écouter que son tempérament. Autrement dit, se convaincre du bien-fondé des brillantes analyses des sociétés de gestion qui évoquent un simple trou d’air et balaient d’un revers de main l’idée d’une mise place d’un « bear market ». A moins que l’on se persuade de la réalité des non moins remarquables analyses qui énumèrent une succession de risques comme, outre-Atlantique, un choc de taux concomitant à un retour de l’inflation, ou une perte d’appétit pour le risque des marchés. Compte tenu des grands changements réglementaires dont MIF, on est en droit de s’interroger, à l’instar d’un grand assureur il y a peu, sur la capacité des banques et des marchés en général à absorber des ventes brutales.
 
Il restera donc à chacun de trouver sa vérité. Soit sur le moment, soit en se projetant. Il n’en reste pas moins que les épargnants seront avisés de s’entourer des meilleurs conseillers. Voilà qui nous conduit à ce Grand prix du patrimoine Experts certifiés qui constitue l’enquête événement de ce numéro et plus largement, à l’examen de la certification. Sa réussite passe par six épreuves ou unités de valeur (UV) couvrant l’ensemble des problématiques des conseillers en gestion de patrimoine. Par la force des choses, certaines épreuves se sont retrouvées mises en avant ces derniers mois. Que ce soit celle sur la réglementation et la déontologie – alors que MIF pointe à l’horizon – ou plus récemment encore, celle sur l’environnement fiscal du patrimoine – alors que l’ISF a disparu au profit de l’IFI et que la flat tax a fait son apparition. Autant dire que les candidats ont eu fort à faire. Cela étant, dans le contexte économique de la zone euro et le comportement plus erratique du marché, il devient désormais intéressant de s’intéresser aux résultats de l’UV intitulée Environnement économique et financier. Cette année, la moyenne générale de cette épreuve composée de deux sessions est ressortie à 12,36/20 et 12,6/20. De quoi se convaincre que beaucoup ont été en mesure de décrypter le comportement des places financières, pour s’en prémunir ou au contraire en profiter. Gageons que l’épreuve du feu que constitue 2018 va permettre de le vérifier.