Fonds diversifié

Athymis propose un fonds en partenariat avec Schelcher Prince et Fourpoint

Le multigérant lance Safir, un nouveau fonds de fonds composé d’une sélection de produits uniquement gérés par ces deux gestionnaires. Cet OPCVM, dont l’allocation cible est composé à 50 % de taux et 50 % d’actions, bénéficie par ailleurs d’un système de couverture.

L’allocation d’actifs est un métier difficile. De nombreux gérants qui, ces dernières années, ont lancé des fonds flexibles pouvant faire fortement varier les proportions d’actions et de produits de taux s’en sont bien rendus compte. Forte de ce constat, Athymis Gestion, une société de gestion créée par quatre conseillers en gestion de patrimoine indépendants en 2008 (L’Agefi Actifs n°369, p. 4), propose aujourd’hui Safir (pour Schelcher Athymis Fourpoints Interest and Return), un fonds de fonds dont l’allocation a vocation à rester proche de son indice de référence, constitué à 50 % par le MSCI World (coupons réinvestis) et à 50 % par l’Euro MTS Global (coupons réinvestis). 

Partenaires uniques.

Si le produit se présente sous la forme d’un fonds de fonds traditionnel, il est cependant différent dans sa conception des autres offres proposées par le gestionnaire. Ainsi, Safir est composé uniquement de fonds gérés par Schelcher Prince Gestion pour la partie taux et Fourpoints Investment Managers pour la partie actions. Chacun des gestionnaires pourra allouer des fonds issus de sa gamme dans une poche dont le poids variera entre 40 % et 50 % du portefeuille.

Schelcher Prince pourra donc, par exemple, faire varier son allocation entre des produits monétaires, d’obligations d’entreprises ou d’obligations convertibles. De la même manière, Fourpoint IM pourra se positionner sur ses fonds exposés sur l’Europe, les Etats-Unis, ou encore sur son fonds thématique centré sur le secteur des technologies de l’information. « Nous avons voulu créer un produit simple à comprendre pour nos clients, stable, aussi bien dans son allocation que dans les produits qui le composent », explique Tristan Delaunay, directeur général d’Athymis. 

Couverture.

Si l’allocation du produit reste stable, Athymis a cependant mis en place un système de couverture permettant de désensibiliser le fonds des actions. Pour simplifier, le gérant a défini trois critères qu’il va examiner et, à chaque fois que l’un d’eux franchit un seuil qu’il a préalablement déterminé, il couvrira un tiers de son exposition actions (soit entre 15 et 17 % du portefeuille).

Le premier de ces critères est le franchissement à la baisse d’une moyenne mobile à 250 jours qui, lorsqu’il intervient, indique un mouvement de marché durable. Le deuxième critère est celui de la cherté du crédit. « Nous avons constaté que lorsque l’écart entre le taux des obligations de meilleure qualité avec les emprunts d’Etat (spread) devient inférieur au taux de défaut des entreprises, cela illustrait souvent la formation de bulles, avec des comportements irrationnels sur les marchés risqués, y compris d’actions », déclare Tristan Delaunay. Enfin, le gérant examine la valorisation des actions et déclenche une couverture lorsque le PE des actions (le ratio de cours sur les bénéfices) atteint 18. « Cela implique qu’à ce prix, il faudrait à l’investisseur dix ans de croissance des bénéfices à 10 % pour que son investissement soit remboursé par les bénéfices de l’entreprise. Ce critère est rarement franchi, mais lorsque c’est le cas, il annonce clairement qu’une bulle est sur le point d’éclater », estime-t-il.

Le déclenchement de ces couvertures correspond donc à des phases de marché bien spécifiques qui restent assez rares. Ainsi, les tests menés par le gestionnaire à partir des données historiques de marché montrent que le critère lié au crédit se serait déclenché uniquement en 2008, celui lié à la valorisation seulement en 2000, et celui lié à la moyenne mobile en 2000, 2008 ou 2011. « Nous n’avons pas voulu risquer de déclencher cette couverture avec de fausses alertes, explique le gérant. Cela reste lié à des conjonctures de marché exceptionnelles. »

Complément de gamme.

Le positionnement de ce fonds s’inscrit à mi-chemin entre le fonds Alizé du gestionnaire, qui dispose pourtant du même indicateur de référence mais qui, contrairement à Safir, présente une exposition notable aux pays émergents, et le fonds Eurus dont l’exposition maximale aux actions reste limitée à 35 %. « Ce nouveau fonds a véritablement vocation à rester exposé avant tout aux Etats-Unis et à l’Europe, indique Tristan Delaunay, des zones très connues, sans risques géopolitiques exotiques. »

Le gestionnaire compte vendre son nouveau produit aux conseillers détenteurs de son capital – qui totalisent encore aujourd’hui 70 % des 80 millions d’encours du gestionnaire –, mais voudrait aussi élargir sa base de clientèle à d’autres cabinets. Le fonds est donc en cours de référencement sur la plate-forme Axa Thema.