Grands Prix de la Gestion d’Actifs

Analyse des résultats, un  bilan contrasté

La population des fonds remplissant les critères d’éligibilité est restée stable, mais le nombre des gestions gagnantes s’est réduit de 15 %
La catégorie Actions France s’est distinguée avec le meilleur excess return de ce palmarès
Philippe Hellinger, Head funds data, France, SIX

 

Cette nouvelle édition récompense les gestions ayant généré le plus d’alpha positif dans chacune des 12 catégories de ce prix. Quelque 3.216 fonds ont rempli les critères d’éligibilité, soit une population quasiment identique à celle de l’an passé. Cependant, les gestions gagnantes voient leur nombre se réduire (-15 %). Sur la période, un peu moins de 2 fonds sur 5 sont parvenus à délivrer un alpha positif, soit 1.166 fonds. Certains marchés semblent avoir été plus difficiles à appréhender. C’est tout du moins ce que suggèrent les résultats obtenus dans les catégories Actions Asie hors Japon, où le nombre de gestions gagnantes aura été divisé par 2 en un an, Actions Amérique du Nord, où l’on compte 40 % de fonds alpha en moins, et Obligations internationales dont la population de fonds gagnants se réduit d’un tiers. A contrario, certaines catégories, et non des moindres, voient leur offre de gestion alpha se renforcer. Déjà très disputée, la catégorie Actions France enregistre en effet une progression sensible du nombre de fonds ayant délivré un alpha positif (+44 %). C’est aussi le cas des gestions Obligations Europe où le nombre de fonds s’étant distingués progresse de près de 20 %. En termes d’alpha, les contrastes ne manquent pas, voire s’accentuent. D’un côté, les marchés de valeurs françaises demeurent un terrain fertile à la génération d’alpha et continuent d’offrir des perspectives très intéressantes aux investisseurs. Non seulement la possibilité d’y sélectionner une gestion performante s’améliore sensiblement, mais le niveau des résultats y demeure sur une très bonne tendance. Avec un alpha moyen de 5,04 %,la catégorie Actions France continue d’afficher le meilleur « excess return » de ce palmarès.

Loin derrière, mais avec un score tout aussi attractif : la catégorie Actions Japon affiche un alpha positif moyen de 2,84 % en baisse de 60 points de base (pb) ; la possibilité offerte à un investisseur de sélectionner un fonds gagnant y est très élevée avec près des deux tiers des gestions étant parvenues à dégager un alpha positif. Enfin, les gestions de la catégorie Obligations haut rendement complètent ce palmarès des alpha positifs. A l’opposé, la stratégie qui fournit le plus bas alpha positif moyen dans cette étude est la catégorie Obligations Europe.
 La majorité des catégories affiche cette année des résultats négatifs en alpha moyens. Quand la moitié des catégories de ce prix offraient un alpha moyen supérieur à zéro l’an passé, elles ne sont que 3 cette année à réitérer ce résultat. La tendance globale de cette édition 2018 est à une contraction de l’alpha : avec une moyenne de 1,76 %, l’alpha perd 11 pb en un an. Sur l’ensemble des primés de cette année, onze l’étaient déjà l’an dernier, et une vingtaine de fonds restent dans le Top 10 toutes catégories confondues. Nous avons donc 25 entrants sur la période et une concurrence exacerbée sur la recherche de génération d’alpha, notamment sur les catégories actions. La gestion d’actifs française reste stable en gardant 16 lauréats sur le podium, soit le même résultat que l’an dernier. Il est à noter que 6 lauréats conservent leur place de leader dans leur catégorie. Une seule catégorie se distingue particulièrement cette année en renouvelant totalement les lauréats de son podium avec un mouvement en profondeur. Le podium des Actions émergentes était effectivement quasiment constant sur les deux dernières années ; à noter que le lauréat vient tout juste d’avoir trois ans d’historique lui permettant d’intégrer le prix. Concernant les alpha, la catégorie Actions Europe a vu les lauréats en dégager d’assez conséquents et supérieurs à 10 % pour les 2 premiers.

Sur la catégorie Actions France : la concurrence a été rude et les stratégies d’investissement payantes : on observe pas moins de 9 fonds qui ont un alpha positif supérieur à 10 %, ce qui est assez exceptionnel pour des marchés dits plus traditionnels. A l’opposé, les Actions Asie hors Japon, en corrélation avec la baisse du nombre de fonds ayant dégagé un alpha, voient celui-ci divisé par 2 par rapport à l’année dernière. De même, les fonds Diversifiés Europe ont eu plus de mal à dégager de l’excess return et l’alpha moyen a perdu près de 10 pb à périmètre constant de fonds. Le bilan de l’année est très contrasté et met bien en lumière les marchés qui ont été porteurs tels que les Actions France et les Actions Japon. A contrario, ceux qui ont eu plus de mal à se mettre en valeur ont été plus nombreux, la recherche de performance ayant été beaucoup plus difficile à appréhender. C’est le cas notamment pour les gestions Obligations et Diversifiés dont l’érosion des résultats se confirme année après année.