Obligations convertibles

AltaRocca lance son premier fonds sur les convertibles

Quelques mois après avoir créé AltaRocca AM dans le giron de Primonial, deux anciens d’Oddo AM lancent leur premier produit
Ce fonds sera investi sur les obligations convertibles européennes libellées en euros, sans options ou titres synthétiques

L’année dernière a été riche en mouvements chez les gérants de convertibles, plusieurs équipes ayant décidé de voler de leurs propres ailes ou de rejoindre d’autres structures. Début 2013, Financière de l’Echiquier a ainsi repris la société de gestion Acropoles. Puis, à la fin de l’été, Xavier Hoche et Muriel Blanchier, respectivement responsable de la gestion de convertibles et gérante de convertibles chez Oddo AM, ont annoncé la création la société AltaRocca, dont la majorité du capital est détenu par Primonial. Presque immédiatement après, c’est l’équipe de convertibles de Neuflize AM, dirigée par Luc Varenne, qui prenait leur place chez Oddo.

Ces derniers temps, les mouvements d’hommes sur cette classe d’actifs se font plus rares, mais les nouvelles offres font florès, dans le sillage de la bonne année 2013 en termes de performance (lire L’Agefi Actifs 621 p. 38). Aujourd’hui, c’est au tour d’AltaRocca de lancer AltaRocca Convertibles, un fonds de convertibles européennes.

Univers européen.

Si certains fonds de convertibles essaient de diversifier leur exposition géographique, ce n’est pas l’option qu’ont choisi Xavier Hoche et Muriel Blanchier pour ce premier produit. « Nous avons préféré nous concentrer sur un univers que nous connaissons parfaitement bien, explique Xavier Hoche. Nous avons d’ailleurs comparé les performances des indices de convertibles européens et mondiaux sur trois ans, cinq ans et dix ans, et nous avons constaté que l’écart de performance entre les différentes zones demeurait très faible. Il n’est donc pas utile aujourd’hui, sauf à croire que l’économie européenne va s’effondrer, de se diversifier hors de l’Europe. »

Par ailleurs, le gérant a décidé, pour que le fonds convienne à tout type d’investisseurs – notamment certains institutionnels – de ne se positionner que sur des émissions en euros. « Cela évite, pour certains institutionnels, d’avoir à recalculer les risques de change dans leurs ratios de solvabilité. Mais encore une fois, cette décision n’a pas de conséquence sur le potentiel de performance du fonds », indique-t-il.

Un fonds pur.

Autre caractéristique : le fonds n’utilisera pas de produits optionnels. Et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, les options couvrent un univers constitué de grandes capitalisations. Or, les convertibles sont émises en priorité par des entreprises de capitalisation moyennes. Ensuite, les options ne présentent pas les avantages dont peuvent bénéficier les détenteurs de convertibles lors d’opérations de fusions et acquisitions. A la faveur de ces arguments, Xavier Hoche estime « qu’utiliser des options éloigne le fonds de la thématique pure des convertibles. Et les indices de convertibles, qui sur dix ans affichent des performances comparables à celles des actions européennes avec une volatilité deux fois inférieure, sont bien des indices purs. On ne peut donc les comparer avec des fonds à base d’options ».

Et à ceux qui estiment que les convertibles sont aujourd’hui chères et qu’il est donc intéressant de passer par des produits optionnels, le gérant répond que « certes, certains titres investment grade (ndlr : bénéficiant de la meilleure notation) apparaissent survalorisés, mais des études démontrent que les titres non notés ou haut rendement (high yield) sont aujourd’hui quasiment à  leur juste prix ».

Conviction.

AltaRocca Convertibles est géré avec un processus résolument de stock-picking (sélection de valeur). « Nous attachons une importance toute particulière non seulement à analyser les bilans des sociétés dans lesquelles nous investissons, mais aussi à rencontrer les dirigeants lorsque cela est possible », précise Xavier Hoche. Et le gérant assume ses convictions puisque le fonds est plutôt concentré et ne compte qu’une quarantaine de lignes, sur des émissions dont la note (publiée ou calculée par le gérant) se situe entre BB et BBB, c’est-à-dire dans une zone à la limite de l’investment grade et du high yield.

Clientèle mixte.

Le fonds est aujourd’hui investi par des clients institutionnels, à hauteur de 60 millions d’euros, un peu plus d’un mois après son lancement. Le gestionnaire attend une vingtaine de millions dans les prochaines semaines et espère vite arriver à dépasser les 100 millions sous encours. Mais ce produit n’est pas uniquement institutionnel. Il est d’ores et déjà disponible dans l’offre de Primonial et sera, dans les prochaines semaines, référencé sur les principales plates-formes d’assurance vie.