Investissement

L’immobilier patrimonial se comporte bien

Didier Kling, président de la CNCEIP
Plus qu’une traduction concrète en terme de mises en chantier, c’est surtout le climat des affaires voire l’opinion dans ce secteur d’activité qui s’améliore.
L’indicateur de retournement de l’économie reste dans une zone indiquant un climat conjoncturel propice.

L’immobilier patrimonial est une classe d’actifs qui fait l’objet d’une attention particulière de la part des professionnels de l’expertise-financière. Valeur préférée des Français en matière d’investissement, elle constitue aussi un bon baromètre pour apprécier le climat des affaires et la confiance en l’économie. Représentant 20% du PIB, ce secteur rapporte chaque année à l’État près de 68 milliards d’euros.

En cette rentrée, l’immobilier patrimonial se porte bien. Il faut dire que le contexte s’y prête particulièrement, avec des taux d’intérêt historiquement bas. Le marché de l’immobilier ancien est dynamique et les ventes de logements neufs, plutôt positives. De plus, les ménages se disent davantage disposés à faire “des achats importants”. Optimistes sur leur situation financière future, leurs craintes en matière de chômage reculent, tout comme le sentiment de vie chère, provoquée par l’inflation.

 

Appétit pour l’ancien. Du côté de l’immobilier ancien tout d’abord, les ventes progressent tout autant que les prix, sur l’ensemble du territoire national ; ce qui fait que notre pays vit sa quatrième année de hausse. Aux conditions d’accès favorables pour souscrire à un crédit, les observateurs notent une amélioration de notre économie nationale et une embellie sur le front de l’emploi. Enfin, l’appétit pour l’ancien est renforcé par l’augmentation des particuliers investisseurs qui veulent s’assurer des revenus complémentaires, notamment en perspective de leur retraite. Ces données ne s’expriment pas aussi nettement cependant à Paris, où l’encadrement des prix des loyers n’est pas forcément bien accueilli des professionnels et des investisseurs.

 

Hausse du prix moyen dans le neuf. S’agissant de l’immobilier neuf, l’INSEE a publié au coeur de l’été, un état du marché qui révèle une hausse de la demande en matière de logements. Plus qu’une traduction concrète en termes de mises en chantier, c’est surtout le climat des affaires - voire l’opinion dans ce secteur d’activité - qui s’améliore. En effet, selon les dernières statistiques du ministère, seuls 32.100 nouveaux logements (appartements et maisons) ont été mis en vente au deuxième trimestre. L’offre reste encore insuffisante au regard de la demande des ménages pour les biens neufs. Pour leur part, les promoteurs indiquent une hausse du prix moyen des logements neufs mis en vente ; soit une tendance des plus appréciable depuis une décennie. Presque logiquement, les demandes de financement des candidats à l’acquisition d’un bien neuf augmentent. D’ailleurs, les professionnels de la vente signalent que les acheteurs sont plus enclins à lui consacrer davantage de moyens financiers. Leur visibilité leur permet même de préciser que ce léger rebond devrait se prolonger fin 2019. Pour appuyer leur prévision, ils avancent un solde d’opinion favorable auprès de la population française. Elle serait d’ailleurs à son plus haut niveau depuis décembre 2017.

 

Manque de main d’œuvre. Ces données sont aussi confirmées par les artisans du bâtiment. L’organisme de statistiques nationales qui a enquêté auprès d’eux, montre que leur activité est en légère hausse, sans pour autant pouvoir estimer leur potentiel d’affaires sur le dernier semestre. Cependant, ils se veulent optimistes sur les futures mises en chantier. Prudents, ils n’ont pas prévu de faire appel à des effectifs supplémentaires pour l’heure. L’emploi dans ce secteur a connu une légère baisse mais reste supérieure à la moyenne. Plus que la prudence elle-même, 48 % des entreprises déclarent être limitées dans la prise de commandes, par un manque de main-d’œuvre. Par ailleurs, 53 % des artisans du bâtiment éprouvent des difficultés de recrutement ; une proportion en légère hausse et qui atteint son plus haut niveau depuis juillet 2008. Dans le même temps, 37 % des artisans du bâtiment déclarent former des apprentis, pour résoudre le problème.

En conclusion, la période est plutôt favorable pour l’immobilier patrimonial. L’indicateur de retournement de l’économie reste dans une zone indiquant un climat conjoncturel propice. Il s’agira de voir si ces tendances viendront à se confirmer ou s’embellir au quatrième trimestre.