Crowdfunding immobilier : des enjeux à la taille d’un secteur mature

Par David Peronnin, président de ClubFunding
Il y a quelques années encore, il était présenté comme la nouvelle solution d’un immense secteur, celui de l’immobilier. Aujourd’hui, le crowdfunding s’est imposé dans le paysage. Opérateurs et investisseurs particuliers comme professionnels sont de plus en plus séduits par ce mécanisme offrant rendement, diversification et flexibilité de financement pour les entreprises.

L’appétence des Français pour l’épargne est connue. La crise sanitaire puis économique du Covid-19 n’a fait que renforcer ce phénomène. Depuis un an, leur épargne a explosé. La Banque de France prévoit un niveau de 165 milliards d’euros en 2021, soit 7 % du PIB.

Entre un livret A peu rémunérateur, des assurances vie aux rendements en berne, des SCPI aux montages complexes et des placements très volatiles, l’offre n’est pas aisée pour qui veut faire travailler son épargne.

Les projets immobiliers restent les plus plébiscités du côté des épargnants. La raison en est simple : le secteur n’a cessé de prouver sa résilience ces dernières années. L’émergence du crowdfunding, qui plus est immobilier, permet de répondre immédiatement à un besoin de rendement pour les investisseurs et, à l’inverse, de financer des promoteurs, marchands de biens ou aménageurs fonciers afin de soutenir la demande.

Les records du crowdfunding immobilier

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2020, le secteur du crowdfunding dans sa globalité a dépassé le milliard d’euros collectés en France (1). Un volume important et en forte croissance, mais qui ne représente encore qu’une goutte d’eau face à l’océan d’épargne des Français.

Les obligations sont les stars du secteur : l’an passé, elles représentaient plus de 660 millions d’euros, suivis de loin par les prêts rémunérés qui totalisaient 56 millions d’euros. Dans ce secteur, c’est bien le crowdfunding immobilier qui tire sont épingle du jeu, en regroupant 75 % des montants collectés sous forme de prêts.

Entre 2019 et 2020, le secteur du crowdfunding immobilier a connu une augmentation de 35 %, avec 505 millions d’euros collectés (2). Plus que le nombre de projets, c’est l’enveloppe financée qui progresse. La profondeur de marché est telle que les plateformes de financement participatif immobilier font preuve de sélectivité. Le résultat est d’ailleurs sans appel : le taux de défaut global n’atteint que 0,16 % et beaucoup de plateformes n’en connaissent aucun.

Les investisseurs l’ont bien compris et sont toujours plus nombreux à vouloir participer aux projets. Les acteurs de l’immobilier considèrent désormais les plateformes comme des interlocuteurs incontournables.

Les enjeux à venir du secteur

L’hyper-croissance du secteur lui permet aujourd’hui d’atteindre une maturité. Ces dernières années, il a connu d’importantes transformations. Relèvement du seuil de financement, consolidation des acteurs, intérêt des acteurs institutionnels… Les plateformes ont prouvé la pertinence de leur modèle en accompagnant de nombreuses entreprises dans la crise que traversent nos économies.

Leur structuration leur permettra d’aborder les enjeux à venir. Ils sont nombreux. D’ici fin 2021, le nouveau règlement relatif aux prestataires européens de services de financement participatif viendra ouvrir les portes de l’Union européenne aux plateformes. Une formidable opportunité pour les investisseurs dont l’exigence se fait croissante.

Le verdissement des projets et l’impact de l’immobilier sur l’environnement devrait être davantage au cœur des préoccupations des investisseurs, des opérateurs comme des plateformes soucieuses de contribuer positivement à leur écosystème. Dans quelques mois débutera la campagne présidentielle. La relance de l’économie devrait être centrale et les plateformes auront un rôle à jouer pour permettre au plus grand nombre d’y prendre part.

 

(1) Baromètre du crowdfunding en France en 2020, Financement Participatif France

(2) Baromètre du crowdfunding immobilier 2021