Airbnb renonce à la carte prépayée sur le marché français

Le directeur France d’Airbnb a finalement renoncé. Lundi 11 décembre, après s'être entretenu avec Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, respectivement ministre de l’Economie et des Finances et ministre de l’Action et des Comptes publics, Emmanuel Marill s’est engagé à ce que l’entreprise renonce à toute utilisation de la carte prépayée Payoneer sur le marché français : 

« Cette décision responsable permet d’écarter toute opportunité de fraude ouverte par l’utilisation de ce mode de paiement. Elle s’inscrit dans l’esprit de travail que la société Airbnb a souhaité démontrer au cours des derniers mois sur la question de l’économie collaborative. »

Par ailleurs, cet échange a donné l’occasion d’aborder la question de la fiscalité des plateformes. « Elles doivent répondre aux mêmes obligations en matière fiscale et la législation française a été spécifiquement renforcée pour s’en assurer », a indiqué Bercy qui ajoute dans un communiqué que les modalités d’application de plusieurs mesures ont été précisées. A savoir :

  • Une obligation d’information puisque depuis cette année les plateformes sont tenues de signaler aux hébergeurs qu’ils doivent déclarer les revenus tirés de leurs locations ;
  • une obligation de déclaration sachant que les plateformes devront à l’avenir déclarer elles-mêmes les revenus qu’elles versent à leurs clients, conformément à un amendement adopté dans la loi de finances rectificative 2016 ;
  • enfin, une obligation de collecte avec un amendement au projet de loi de finances rectificative 2017 adopté le 8 décembre dernier par l’Assemblée nationale qui prévoit que les plateformes collecteront la taxe de séjour à compter de 2019.

A noter, concernant l'obligation de déclaration, que la mesure nécessite des précisions législatives notamment sur la nature des données communiquées et les critères de définition des plateformes concernées. Elle sera mise en place à compter des revenus perçus en 2019 à la suite des conclusions du groupe de travail entre l’administration et les plateformes.