Taux d’usure : les banques avancent de premières propositions

Gaétan Pierret
Lors d’une réunion avec la Banque de France, la Fédération bancaire française a proposé de baser le calcul sur les taux d’intérêt au moment de la signature de l’offre de prêt. Les courtiers pestent de ne pas avoir été invités à cette réunion.

La hache de guerre n’aura pas été enterrée bien longtemps. Au-lendemain d’une réunion entre la Fédération bancaire française (FBF) et la Banque de France (BdF), les courtiers donnent à nouveau de la voix. La raison ? Ils attendent toujours…leur carton d’invitation. «L’Union des Intermédiaires de Crédit (UIC) a été choquée d’apprendre par voie de presse qu’une réunion sur le thème du taux d’usure aurait été organisée à son insu par la Banque de France avec les banques sans que l’organisation syndicale n’ait été conviée», écrit le syndicat dans un communiqué. Il affirme qu’un «courrier officiel daté du 7 septembre» les invitait pourtant à participer au cycle de travail sur ce sujet qui «concerne près de 34.000 sociétés de courtage au niveau national.»

Comme le révélait le quotidien Les Echos, la FBF aurait été reçue à la Banque de France et aurait pu faire part de ses propositions pour améliorer le calcul du taux d’usure. A l’instar des courtiers, les banques estiment que la récente hausse du taux d’usure est insuffisante pour réellement débloquer un marché jugé complètement coincé. La Fédération aurait surtout avancé l’idée de baser le calcul trimestriel du taux d’usure non plus sur les taux d’intérêt au moment de l’émission des prêts aux particuliers mais sur ceux réellement signés en fin de parcours.

Pour l’instant, la Banque de France se dit toujours hostile à toute évolution en profondeur de la méthode de calcul. Si la réunion avec la banque a hérissé les courtiers, ces derniers ont toutefois été reçus le mois dernier par le gouverneur François Villeroy de Galhau, à l’issue de leur manifestation inédite…Et sans représentants bancaires.